Covid-19 : Paris proche de l'alerte maximale, amélioration à Marseille... Ce qu'il faut retenir des annonces d'Olivier Véran

La capitale et sa proche banlieue ont "franchi les trois seuils qui peuvent correspondre à la zone d'alerte maximale" de circulation du coronavirus. Un stade synonyme de restrictions radicales comme la fermeture totale des bars, restaurants et d'autres activités. 

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Le ministre de la Santé Olivier Véran présente un prototype de test du Covid-19, à la fin de sa conférence de presse à l'hôpital Bichat, à Paris, le 1er octobre 2020.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Une semaine après un tour de vis contesté, Olivier Véran s'est voulu rassurant, jeudi 1er octobre, lors de sa conférence de presse hebdomadaire sur la progression du Covid-19 en France. "Nous avons appris collectivement à lutter", a souligné le ministre de la Santé, qui a mis en avant les efforts menés pour limiter la contagiosité du coronavirus. "Là où, au printemps, 10 malades allaient contaminer 30 personnes au bout d'une semaine, 10 malades en contaminent 13 [aujourd'hui]", a-t-il indiqué. 

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Il n'a pas fait d'annonces marquantes mais a accordé un sursis à Paris et plusieurs métropoles, qui pourraient connaître le même sort que Marseille et basculer dès la semaine du 5 octobre en zone d'alerte maximale si la progression du virus ne faiblit pas. Voici ce qu'il faut retenir de cette prise de parole. 

Paris et sa petite couronne cochent les critères de "l'alerte maximale" 

Dans la métropole parisienne, le ministre de la Santé fait le constat d'une "dégradation" des indicateurs. Paris et sa petite couronne ont en effet dépassé les critères permettant d'établir une zone en "alerte maximale". 

Premier critère : le taux d'incidence, soit le nombre de cas positifs pour 100 000 habitants sur sept jours, qui doit être supérieur à 250 pour 100 000 habitants. C'est le cas pour la métropole de Paris, qui dépasse les 259 personnes infectées. Ensuite, le taux d'incidence chez les plus de 65 ans, population la plus vulnérable, doit dépasser les 100 cas pour 100 000 habitants. Il atteint désormais 132,9 cas chez les 60-69 ans à Paris.

Enfin, le troisième indicateur : plus de 30% des lits de réanimation doivent être occupés par des patients atteints du Covid-19. C'est également le cas puisque "les patients atteints du Covid en réanimation oscillent entre 30% et jusqu'à 35% par endroits", a indiqué Olivier Véran. Ce dernier seuil a été franchi "depuis quelques heures", a précisé le ministre, et "devra être confirmé dans les tout prochains jours".

Si ça devait se confirmer, nous n'aurions pas d'autre choix que de placer Paris et la petite couronne en alerte maximale et ce, dès lundi.

Olivier Véran, ministre de la Santé

Olivier Véran évoque des mesures telles que la "fermeture des bars" et l'invitation à ne plus participer à des fêtes de famille ou à des soirées. "Nous réexaminerons les indicateurs dimanche avec la maire de Paris et l'ensemble des élus concernés, et si la dynamique ne s'est pas infléchie (...), nous prendrons ensemble, dès lundi, les mesures qui s'imposent."

La situation s'aggrave à Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse et Saint-Etienne 

Dans cinq métropoles, "l'évolution est très préoccupante", a indiqué Olivier Véran. Il s'agit de Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse et Saint-Etienne. Dans chacune de ces zones, le taux d'incidence augmente fortement, tout comme la positivité des tests. 

A Grenoble (Isère), la saturation des lits en réanimation atteint les "26%, tout comme à Lyon", a déclaré le ministre de la Santé. A Saint-Etienne (Loire), "le taux d'incidence augmente et on observe aussi 26% d'occupation en réanimation par des malades du Covid-19".  

Olivier Véran a tenu à "insister sur la concertation avec les élus locaux (...), en lien avec les préfets". Il a indiqué que les "maires des grandes villes les plus touchées [avaient] été reçus par le Premier ministre ce matin" et qu'ils "[étaient] pleinement conscients de la gravité de la situation".

Des signes encourageants à Bordeaux, Nice et Marseille

"Vos efforts doivent payer et vos efforts vont payer", a martelé Olivier Véran. En signe d'encouragement, le ministre a évoqué les cas de trois métropoles parmi les sept classées depuis la semaine dernière en zone d'alerte renforcée.

Le ministre relève une "amélioration à Bordeaux, Nice mais également à Marseille", où le "niveau de circulation du virus reste encore très élevé, trop élevé" mais "il faut prendre les signes d'espoir quand ils viennent, c'est un encouragement à poursuivre, un encouragement à tenir", a-t-il ajouté. 

Le ministre s'est défendu de tout traitement différencié entre la capitale et Marseille, en relevant que la cité phocéenne avait dépassé les seuils depuis plus longtemps que Paris quand elle a été placée en "alerte maximale".

Un nouveau protocole envisagé pour les restaurants 

Les professionnels de la restauration vont proposer des protocoles sanitaires renforcés, qui pourraient, s'ils sont validés, permettre aux établissements de rester "tout ou partie" ouverts même dans les zones d'alerte maximale au Covid-19, a indiqué Olivier Véran.

"Le gouvernement va dans les prochains jours examiner les propositions qui lui sont faites par les représentants du secteur de la restauration et étudier des règles éventuelles qui pourraient permettre aux restaurants, y compris en zones d'alerte maximale, de rester en tout ou partie ouverts, mais avec des règles sanitaires renforcées", a déclaré le ministre de la Santé lors d'une conférence de presse.

Si ces nouvelles règles "nous semblent suffisamment robustes, protectrices, contrôlables, elles seront soumises au Haut Conseil pour la santé publique, et si elles étaient validées, elles pourraient alors s'appliquer à toutes les zones d'alerte maximale", a-t-il ajouté.

Cela pourrait ainsi s'appliquer à la métropole d'Aix-Marseille et en Guadeloupe, déjà aujourd'hui en alerte maximale et où les restaurants sont donc fermés. Mais aussi à Paris et sa petite couronne. 

L'arrivée prochaine des tests antigéniques

Le ministre de la Santé a indiqué que des tests antigéniques allaient être déployés dans les jours à venir, notamment à destination des "patients symptomatiques". Ces tests, qui fonctionnent "un peu sur le même principe que les tests de grossesse", seront disponibles "progressivement". 

Olivier Véran a rappelé que le "dépistage ne [pouvait] pas permettre à lui seul de lutter contre la circulation du virus. Il faut aussi l'isolement des personnes contaminées et des cas contacts"

Il a fait le point sur la stratégie de tests mise en place sur le sol français. "Plus de 13 millions de tests PCR ont été réalisés depuis le début de l'épidémie en France", a-t-il indiqué, et "depuis août, plus d'un million de tests par semaine" ont été effectués. Parmi les cas positifs détectés, "75% sont asymptomatiques". Au total, "plus d'un million de personnes contacts ont été contactées et alertées par l'assurance-maladie", a ajouté Olivier Véran. 

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