Covid-19 : des "restrictions supplémentaires devront être très proportionnées", demande le président de la Seine-Saint-Denis

Stéphane Troussel estime que le reconfinement doit être "l'ultime recours" mais ne s'opposera pas à des restrictions supplémentaires. 

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Radio France
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Stéphane Troussel, le président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, invité de franceinfo le 3 novembre 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"S'il n'y a pas d'autre choix que de prendre des restrictions supplémentaires, celles-ci devront être très proportionnées", a demandé ce mercredi sur franceinfo Stéphane Troussel, président socialiste du département de la Seine-Saint-Denis. Ce département est l'un de ceux où le virus circule le plus aujourd'hui. Tout en répétant que "que le confinement doit être l'ultime recours", il déclare qu'il ne s'opposera pas à un éventuel reconfinement partiel ou total de l'Île-de-France.

franceinfo : Cette fois, ça y est, on n'échappera pas à un reconfinement ?

Stéphane Troussel : J'ai toujours dit que le confinement devait être l'ultime recours parce que je sens à la fois la lassitude de nos concitoyens, mais je connais aussi les dégâts économiques et sociaux qu'il cause, en particulier dans un territoire jeune et populaire comme la Seine-Saint-Denis. S'il n'y a pas d'autre choix que de prendre des restrictions supplémentaires, je ne m'y opposerai pas, bien évidemment, mais celles-ci devront être très proportionnées. Chacun devra les respecter en responsabilité parce que la situation est particulièrement préoccupante. Mais quelle que soit la solution retenue, tout doit être fait pour ancrer une campagne de vaccination beaucoup plus robuste, beaucoup plus solide dans le temps. Le temps est venu d'élargir les publics concernés par la vaccination.

Comment faites-vous pour élargir les publics vaccinés avec un vaccin en moins en circulation ?

Il faut qu'il y ait un peu de cohérence. Bien sûr le principe de précaution doit passer avant tout, mais entre le Premier ministre qui annonce dimanche que c'est OK pour le vaccin AstraZeneca et le président qui le suspend lundi, il faut urgemment clarifier la situation. J'attends avec impatience les décisions des autorités de santé.

Avez-vous été consulté sur l'hypothèse d'un reconfinement en Île-de-France ?

Non. Je considère que c'est aux autorités sanitaires, que c'est à l'exécutif de prendre cette décision. Moi, je suis consulté sur la capacité de nos collectivités, par exemple, à se mobiliser pour accélérer la campagne de vaccination. La Seine-Saint-Denis a désormais 24 centres de vaccination, un bus qui permet d'aller au plus près des populations, le week-end dernier des doses supplémentaires ont été mises à disposition. Ça fait un an maintenant qu'il y a des restrictions et donc on voit bien que ça pourra continuer encore et encore tant qu'il n'y aura pas suffisamment de vaccination. Et donc, la seule solution durable pour sortir de cette crise, c'est d'accélérer encore, y compris sur les tests d'ailleurs.

Est-ce qu'il faut aussi donner un cap, au-delà du cas précis d'Ile de France, et envisager la vie d'après pour ne pas désespérer les Français?

Bien sûr qu'il faut donner des perspectives pour ce qui se passera le jour d'après. Mais je considère que, s'agissant par exemple des tests, le compte n'y est toujours pas. On ne pourra pas réellement accélérer si on ne marche pas sur les deux jambes : la vaccination et les tests. En Seine-Saint-Denis, j'ai 350 000 élèves de la maternelle au lycée, je n'ai pas suffisamment de visibilité, par exemple, sur ce qui a été fait dans les établissements scolaires. J'ai une dizaine de collèges seulement sur 130 qui ont été concernés par les dépistages. Il faut aller beaucoup plus loin à la fois pour identifier les élèves contaminés, les isoler et ne pas fermer les établissements scolaires en cas de contamination. Et, encore une fois, parallèlement il faut accélérer la vaccination par la mise à disposition de doses supplémentaires, en particulier dans les territoires concernés par cette épidémie qui fait rage.

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