Coronavirus au Maroc : Casablanca, Marrakech, Tanger, Fès, Meknès... interdiction de déplacements de et vers huit villes

Le Maroc fait face à des records de cas de contamination au coronavirus, à quelques jours de l'Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice. 

Femme portant un masque dans une rue de Tanger, le 14 juin 2020.
Femme portant un masque dans une rue de Tanger, le 14 juin 2020. (FADEL SENNA / AFP)

Les autorités marocaines ont décidé d'interdire, à partir de ce lundi 27 juillet, les déplacements de et vers huit villes du pays dont Casablanca, Marrakech et Tanger, à cause d'une "hausse considérable" ces derniers jours des cas de contamination au nouveau coronavirus. Cette décision annoncée dimanche 26 intervient à quelques jours de l'Aïd al-Adha, une fête traditionnellement marquée par des réunions familiales. Elle entre en vigueur jusqu'à nouvel ordre, selon un communiqué conjoint des ministères de l'Intérieur et de la Santé.

L'interdiction des déplacements a été prise "en raison de la hausse considérable des cas de contamination" à la maladie Covid-19 et "au regard du non-respect par la majorité des citoyens", selon le communiqué. Elle concerne huit villes, dont la capitale économique Casablanca, la capitale touristique Marrakech, Tanger, le deuxième pôle économique du royaume, et Fès. 

Records de contaminations

Le Maroc avait annoncé il y a une semaine un nouvel allègement des mesures de confinement mais les derniers jours ont été marqués par des cas record de contamination : 811 le 25 juillet et 633 le lendemain. Le nombre total des cas officiellement enregistrés dans le pays est de 20 278, dont 313 décès.

Selon le quotidien arabophone Al Akhbar, cité par 360.ma, le retour au confinement est devenu une option très probable que le ministère de la Santé pourrait activer si les cas de contamination au Covid-19 devaient continuer à grimper au Maroc. "Les jours précédant et suivant immédiatement la fête de l’Aïd al-Adha seront cruciaux pour la prise d'une telle décision", remarque le quotidien. 

"Chaos sur les routes et dans les gares"

L'interdiction des déplacements, à la veille de l'Aïd, a eu des effets immédiats. "La décision tombée quelques heures avant a provoqué un chaos indescriptible sur les routes et une ruée vers les gares routières et ferroviaires provoquant embouteillages, accidents de la circulation et cohues", a observé Le Desk

Le ministre de la santé Khalid Ait Taleb a appelé à "éviter les visites inutiles et les contacts physiques et à veiller au respect des mesures de prévention lors des rassemblements familiaux" pendant l'Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice prévue cette année à partir du 31 juillet. Le ministère de l'Intérieur a noté un "relâchement de certains individus" dans le port du masque, obligatoire au Maroc, affirmant dans un communiqué que les autorités "n'hésiteront pas à appliquer les sanctions prévues par la loi". Les peines vont jusqu'à trois mois de prison et/ou jusqu'à 1 300 dirhams d'amende (115 euros).

Le Maroc autorise depuis juin l'ouverture des cafés, restaurants, commerces et le tourisme intérieur mais l'état d'urgence sanitaire a été prolongé jusqu'au 10 août.