Confinement et continuité des soins : "Venez dans nos cabinets et laissez-nous rentrer chez vous", plaide l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes

Durant le premier confinement, certains patients n'ont pas voulu ouvrir leurs portes de peur d'être contaminés. Pascale Mathieu, présidente de l'Ordre des kinés, affirme que la profession a les moyens de les protéger.

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Radio France
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Une séance de kinésithérapie dans un Ehpad près de Montpellier (Hérault), en mai 2020. (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

Il faut continuer de se soigner malgré la progression du Covid-19 en France, alertent les professionnels de santé qui travaillent en cabinet. "Venez dans nos cabinets et laissez-nous rentrer chez vous", a insisté ce lundi 2 novembre sur franceinfo Pascale Mathieu, présidente du Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

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franceinfo : Peut-on perdre tous les bénéfices médicaux en annulant plusieurs rendez-vous ?

Pascale Mathieu : Absolument. Dans le cadre d'une épaule opérée et d'une perte d'amplitude, les exercices sont fondamentaux et on progresse au fil des semaines, il y a des paliers à respecter. En neurologie, quand vous avez été victime d'un AVC (accident vasculaire cérébral), tout ce que vous ne récupérez pas dans un certain temps est beaucoup plus long à revenir après. C'est pareil pour les scléroses en plaque. Il y a aussi une attention particulière à avoir pour le maintien de l'autonomie des personnes âgées.

Qui sont les patients qui annulent ?

Nos soins ne se font pas qu'en cabinet. Il y a aussi des soins à domicile. Beaucoup de kinésithérapeutes se déplacent pour des patients qui sont dans un état de grande fragilité. Certains n'ont pas voulu ouvrir leurs portes lors du premier confinement parce qu'ils étaient inquiets. Il faut qu'on les rassure en leur disant qu'on a les moyens de les protéger.

Ce qui m'inquiètent aussi ce sont les Ehpad qui pour certains ferment les portes aux kinésithérapeutes et leur interdisent de rentrer.

Pascale Mathieu

à franceinfo

Ils ont peur que l'on fasse rentrer le coronavirus dans leurs établissements. Après la première vague, nous avons retrouvé des patients dans des situations dégradées, absolument catastrophiques. Venez dans nos cabinets et laissez-nous rentrer chez vous.

Vous devez manipuler les corps, il est donc difficile d'appliquer les gestes barrière. Comment faites-vous pour rassurer les patients ?

On met en place des protocoles très stricts. On ne multiplie pas le nombre de personnes dans la salle d'attente, chaque pièce de soin est ventilée entre chaque patient et tout est nettoyé y compris les poignées de porte, il y a également le port du masque, le lavage des mains.

On peut tout à fait faire de la kinésithérapie sans toucher en permanence son patient.

Pascale Mathieu

à franceinfo

La gymnastique médicale est un principe actif où c'est le patient lui-même qui effectue les mouvements qu'on lui indique. On corrige, on contrôle, mais cela permet de faire des télésoins. La kinésithérapie c'est soigner par le mouvement. Le mouvement peut être passif, mais il peut être fait par le patient. On peut faire ça en téléconsultation en étant face à un écran et en expliquant au patient les gestes, en lui faisant répéter devant nous.

L'utilisation des smartphones pour les téléconsultations peut-elle braquer des patients ?

Oui, c’est un véritable frein, tout comme la fracture numérique avec des endroits où on n'a pas suffisamment de débit. On le voit avec le télétravail et les réunions que l'on fait à distance où parfois on a des difficultés de connexion. Parfois, on est quand même surpris de voir l'adaptabilité et l'agilité des personnes même très âgées.

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