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Confinement : "On a partout une multiplication par deux, par trois" du nombre de bénéficiaires des Restos du cœur

Parmi les nouveaux profils, des saisonniers ou des livreurs d'Uber Eats ou Deliveroo et des personnes coincées par l'absence de transports en commun.

Article rédigé par franceinfo - avec France Bleu
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Temps de lecture : 2 min
Des volontaires des Restos du Coeur livrent en plein confinement, le 26 mars 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

La précarité s'est accrue partout en France avec la crise sanitaire liée au coronavirus et le confinement : "On a partout une multiplication par deux, par trois" du nombre de bénéficiaires des Restos du cœur, rapporte son président Patrice Blanc jeudi 30 avril sur France Bleu

À Nantes, il y a deux jours, il y avait une queue de 1 300 personnes, la distribution a pris six heures !

Patrice Blanc, président des Restos du coeur

à franceinfo

"On se retrouve dans des images de la crise de 1929 à peu près, d'habitude ils en ont autour de 300 dans ce centre de Nantes", compare-t-il.

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Patrice Blanc prend aussi pour exemple "les distributions place de la République à Paris, au camion qui donne aux gens de la rue. Ça s'est multiplié par trois, ils sont passé de 200 à 600 personnes. À Marseille, ils ont ouvert, avec l'approbation de l'Olympique de Marseille, le Stade Vélodrome pour permettre à des étudiants ou aux personnes dans le besoin de pouvoir accéder à l'aider alimentaire, ils ont eu entre 400 et 500 personnes jeudi dernier".

Des saisonniers, des artisans, des commerçants, des livreurs, des étudiants, "beaucoup de mamans"

S'il "y a beaucoup de chômeurs ou de travailleurs pauvres ou de travailleurs temporaires" en général, les bénéficiaires ont des profils très différents : en Vendée "il y a beaucoup de saisonniers pour la saison touristique sauf qu'ils ne sont pas embauchés", dans le Lot-et-Garonne il y a aussi des saisonniers "pour les récoltes mais qui ne sont pas embauchés" non plus, dans les Pyrénées-Orientales "on a beaucoup d'artisans ou de commerçants qui ont fermé boutique et donc qui n'ont plus de revenus".

Dans les grandes villes comme Paris, Toulouse ou Bordeaux "on voit arriver des jeunes qui sont avec leur tenue de Uber Eats ou de Deliveroo qui viennent chercher de quoi manger pour eux. Même s'ils apportent à manger aux autres, eux n'ont pas de quoi", et puis "beaucoup d'étudiants, à Lille" notamment, et "beaucoup de maman avec enfants puisque les cantines scolaires ne fonctionnent plus".

Des rangs de bénévoles clairsemés à cause du Covid-19

Les équipes des Restos du cœur desservent une quarantaine d'hôtels dans le département de Seine-et-Marne où des personnes ont été relogées et qui sont "des personnes qu'on ne voyait pas". Les Restos y desservent aussi des campements. Mais la banlieue de Lannion dans les Côtes-d'Armor est aussi touchée : depuis l'arrêt des transports en commun, les habitants de certains quartiers ne peuvent plus se déplacer jusqu'aux locaux des Restos qui sont obligés de se déplacer jusqu'à eux.

La tâche des Restos du cœur est d'autant plus difficile que les bénévoles sont parfois eux-mêmes atteints par le Covid-19, notamment dans l'Est où ils ont été nombreux à tomber malade. "C'est une difficulté supplémentaire, l'absence de bénévoles", confie le président, bien que des "bénévoles d'un jour" soient venus les aider. "Certains centres en milieu rural n'ont pas pu rouvrir tout de suite", regrette-t-il.

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