Confinement : le nombre de cas possibles de maltraitances a bondi de 30% en quinze jours selon l'association La Voix de l'enfant

Le confinement peut créer des situations de tention, de frustration, de promiscuité qui peuvent pousser les parents maltraitants à passer à l'acte plus fréquemment.

Depuis le début du confinement, le nombre d\'appel au 119 n\'a pas augmenté.
Depuis le début du confinement, le nombre d'appel au 119 n'a pas augmenté. (CÉCILE QUÉGUINER / FRANCE-INFO)

Depuis le début du confinement, l'association La Voix de l'enfant constate une augmentation de 30% des cas préoccupants de possible maltraitance des enfants, a-t-elle déclaré à franceinfo, lundi 30 mars. Ces situations nécessitent une enquête des services sociaux et résultent d'un appel au 119 (Allô Enfance en Danger) .

En revanche, le nombre d'appels au 119 n'augmente pas (toujours 1 000 par jour en moyenne) et le nombre de situations urgentes ne varie pas non plus. Pourtant, l'avocate Michelle Dayan estime que "le confinement crée des situations de tensions, de frustration, de promiscuité. Déjà pour des parents pas maltraitants, l'enfant à la maison H24 et l'impossibilité de sortir, ça peut taper sur les nerfs. Pour des parents maltraitants, ça peut prendre des proportions de passage à l'acte plus fréquent".

Il n'y a plus de professeur, plus de camarade à qui se confier

L'absence d'augmentation peut s'expliquer par l'impossibilité, pour les enfants, de témoigner de leur vécu car "on est enfermés à l'intérieur de la maison avec des parents maltraitants potentiellement et à l'intérieur de soi avec l'impossibilité de le dire", explique l'avocate spécialisée dans la défense des enfants maltraités à franceinfo.

"Il va y avoir beaucoup de difficultés de pouvoir les dire, ces maltraitances, parce qu'il n'y a plus d'extérieur, il n'y a plus d'école et l'école c'est un des piliers des dénonciations des maltraitances, via les professeurs, les instituteurs, les infirmières scolaires, les assistantes scolaires, les copains, les parents des copains, le fait de pouvoir se confier aux grands-parents. Mais là il n'y a plus tout ça", détaille l'avocate au barreau de Paris.

La crainte d'une inégalité territoriale

Toutefois, lorsque des situations urgentes sont signalées aux service sociaux, ils ont une "réactivité" qu'il faut "souligner", assure la présidente de La Voix de l'enfant, Martine Brousse : "Dans toutes les informations d'urgence qui ont été transmises aux autorités, il y a eu des interventions immédiates, ce qui veut dire qu'à ce niveau-là il y a eu une vrai mobilisation."

La présidente de l'association La Voix de l'enfant se pose maintenant la question de l'égalité territoriale : "La question qu'il faut que l'on voie aujourd'hui c'est l'organisation dans les départements afin qu'il n'y ait pas d'inégalité et que toute situation puisse être prise en main le plus rapidement possible."