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Chroniques du ciel. Coronavirus et crise du transport aérien : l'inquiétude de Corsair

L'État va aider Air France pour traverser la crise du Covid-19. On parle de plus de 10 milliards d'euros. Mais qu'en est-il pour les autres compagnies françaises qui demandent, elles aussi, un soutien de l'état, à l'image de Corsair ?

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Un Airbus A330 de Corsair au-dessus de Paris, le 13 novembre 2011.
Un Airbus A330 de Corsair au-dessus de Paris, le 13 novembre 2011. (MATHIEU GARCIA / CORSAIR / AFP)

Si elle ne trouve pas rapidement de l’argent, Corsair, à l’origine de la démocratisation du transport aérien en France, des premiers vols "charters" vers les Antilles, ne résistera sans doute pas à la crise du coronavirus. À la veille des 40 ans de la compagnie son président, Pascal de Izaguirre, est inquiet. Et s’il salue, la volonté de l’État d’aider Air France, il en appelle à un soutien plus général pour sauver le pavillon français. 

Depuis presque 40 ans, la compagnie a révolutionné notre approche du voyage

Depuis sa création en 1981, il y a bientôt 40 ans, Corsair a écrit les belles pages des ailes françaises. À l’origine des premiers vols "charters" vers les départements d’outremer dans les années 90, Corsair a véritablement démocratisé le transport aérien, bien avant l’arrivée des compagnies low cost.  

Qui n’a pas en tête, l’image de nos "feux" Boeing 747, aujourd’hui victimes collatérales de cette crise du coronavirus sur les tarmacs d’Orly, de Pointe-à-Pitre ou de Fort de France. Corsair est devenu un acteur majeur de la continuité territoriale vers les DOM, un acteur essentiel sur les Antilles.    

Corsair a résisté et s’est transformée après la mort annoncée des vols "charters" sortis du paysage aéronautique par l’avènement du low cost. Corsair est devenue une compagnie régulière, une compagnie totalement indépendante d’un tour opérateur, une alternative compétitive aux offres des majors. 

La pire crise de l'histoire du transport aérien

La crise du coronavirus, la pire que traverse le transport aérien mondial, vient d’anéantir totalement sa stratégie de développement et sa pérennité même. Selon Pascal de Izaguirre, si Corsair ou plusieurs autres petites compagnies françaises disparaissent, cette consolidation ne profitera ni à Air France, ni aux consommateurs mais aux compagnies étrangères, une fois la crise terminée.  

Corsair compte aujourd’hui 1 200 salariés, sans compter les emplois indirects. Pour gagner un peu de temps, elle a dû vendre prématurément et à regret, ces deux Boeing 747, l’avion emblématique de sa flotte et de son histoire.    

Face à ce véritable tsunami économique, l’État français s’est engagé à soutenir massivement Air France, plus de 7 milliards d’euros. Qu’en sera-t-il des autres petites compagnies et de l’ensemble du pavillon français ? Subiront-elles le même sort qu’Aigle Azur ou XL Airways ? Si Corsair disparaît, il n’est pas certain qu’Air France puisse absorber le volume de sièges laissés vacants ou les besoins des tours opérateurs.

À coup sûr, les grandes gagnantes de cette consolidation seront les compagnies étrangères, British Airways, Lufthansa, qui bénéficieront elles aussi d’un fort soutien de leurs États pour sortir de cette crise sans précédent. La mort des petites compagnies françaises n’assurera pas la survie d’Air France, dans un pays où le manque de compétitivité a, à de nombreuses reprises, été dénoncé par l'ensemble de la profession. Sans aide de l’État, rien ne sera possible, le pavillon français disparaîtra.  

Un Airbus A330 de Corsair au-dessus de Paris, le 13 novembre 2011.
Un Airbus A330 de Corsair au-dessus de Paris, le 13 novembre 2011. (MATHIEU GARCIA / CORSAIR / AFP)