"Ça ne m'inquiète pas" : à Paris, le changement de protocole sanitaire à l'école est bien accueilli par les parents, moins du côté des enseignants

Les écoles vont appliquer mardi un nouveau protocole sanitaire concernant le Covid-19. Les règles sont allégées notamment sur la fermeture des classes.

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Une élève lève la main dans une salle de classe au moment de la rentrée scolaire la rentrée scolaire, le 1er septembre 2020 (photo d'illustration). (FREDERICK FLORIN / AFP)

"Le nouveau protocole va permettre d'avoir moins de classes fermées", une promesse du ministre de l'Éducation nationale, lundi 21 septembre sur RTL, alors que 2 000 classes sont actuellement fermées, selon Jean-Michel Blanquer. Le nouveau protocole sanitaire, plus souple, entre en vigueur mardi. Les fermetures de classes ne se feront qu'à partir de trois élèves testés positif au coronavirus. En-dessous, l'élève malade restera chez lui mais les autres continueront en classe. 

>> Covid-19 : quatre questions sur le nouveau protocole sanitaire à l'école qui entre en vigueur

Dans cette école parisienne, une classe a déjà dû être fermée moins d'un mois après la rentrée. Alors pour Laure dont la fille est scolarisée dans l'établissement, il fallait assouplir les règles. "Je pense que les enfants ont besoin d'aller à l'école, affirme-t-elle. Je suis mère au foyer donc j'ai tout le loisir de m'occuper de ma fille, et pour autant l'école, ils en ont besoin."

Je pense que c'est plutôt une bonne chose si tout le monde reste très vigilant.

Laure, parent d'élève

La fermeture d'une classe ne pourra désormais être décidée que si au moins trois élèves sont porteurs du coronavirus. Une règle suffisante pour le père d'un élève en CP : "Ça ne m'inquiète pas et les petits ne le sont pas non plus. On ne peut pas à chaque fois fermer les écoles ou des classes. Ça va être compliqué, on travaille". La reprise économique est privilégiée avec ce protocole, selon Roger Pouessel, le directeur d'une école primaire parisienne : "Je comprends tout à fait que pour des raisons sociétales et que pour des raisons économiques, effectivement, on ne puisse pas fermer une école parce qu'il n'y a qu'un cas."

Un énième changement de protocole

Mais c'est la communication et les changements incessants qui sont difficilement supportables. "Quatre protocoles depuis le début de l'année, déplore le directeur. Ils sont parfois contradictoires entre les recommandations du ministère et celles de l'académie. Et c'est à nous d'essayer de traduire ces protocoles dans la réalité, c'est ça la difficulté."

Ce n'est pas compréhensible pour les parents et qui fait la communication avec les parents ? Ce sont les enseignants et les directeurs.

Roger Pouessel, directeur d'école

Les enseignants se demandent aussi si leur santé est bien protégée. "Ils sont quand même très inquiets et comprennent difficilement qu'on passe d'une situation qui était le confinement de la classe à 'vous ne risquez rien'parce que vous portez des masques'. Ils sont perdus", explique Roger Pouessel. Et que faire lorsque des élèves présentent des symptômes mais ne sont pas encore testés ? "J'ai relu les textes et j'ai trouvé la phrase : 'symptômes peu banals', qui me laisse complètement pantois parce que pour moi, ça ne veut rien dire."

Nous attendons de la cohérence, poursuit Roger Pouessel. "Sincèrement, je suis fatigué, confie-t-il. Les gamins sont des éponges, souffle le directeur. Ils sentent bien quand cela ne va pas."

Comment est accueilli le nouveau protocole sanitaire à l'école ? Ecoutez le reportage de Maureen Suignard - 0
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