"C'est un peu stressant" : dans le Sud-Ouest, le secteur du surf est suspendu à la reprise de la compétition pour tourner la page du confinement

Depuis la fin du confinement le 11 mai dernier, le surf a pu reprendre mais les compétitions sont à l’arrêt et sans perspective de reprises.

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Radio France
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La plage de La Gravière, à Hossegor, le 22 mai 2020. (IROZ GAIZKA / AFP)

Confiné chez lui à un kilomètre du meilleur spot de France, à Hossegor dans les Landes, le numéro 4 du surf français Jorgann Couzinet retourne enfin à l'eau, mercredi 3 juin. Depuis plusieurs mois Jorgann n'a pas touché de prime de performance, versée à chaque compétition, et son contrat reste très fragile."Personnellement, je suis chanceux parce que je suis entouré de personnes qui croient beaucoup en moi et qui mettent le paquet, qui créent des chartes à mon nom, des combinaisons. Je suis content d'avoir des personnes qui sont tops, de bons sponsors, reconnaît-il, mais c'est vrai qu'on a toujours un peu peur". 

Pratiqué par près de 700 000 personnes en France, le surf a pu reprendre dès la fin du confinement le 11 mai dernier, mais les compétitions sont à l’arrêt.

 C'est noté dans certains contrats que les budgets peuvent être coupés d'un moment à l'autre, c'est un peu stressant.

Jorgann Couzinet, surfeur professionnel, N.4 français

à franceinfo

Malgré la crise du coronavirus, pour Mathias Maalem, manageur sportif pour une grande marque de surf, l'avenir des surfeurs n'est pas menacé. "La plupart des coûts pour les surfeurs, c'est le transport, le logement. Il n'y a pas eu de frais cette année. Pour un athlète comme Jorgann, suivre le circuit pro, le WQS, c'est un budget autour de 30 000 euros, détaille-t-il. Mais cette année il n'a pas eu à aller en Australie, pour se loger, les voitures de location, etc. La nourriture là-bas est très chère. C'est des budgets en moins donc il n'y a pas de catastrophe économique."

La réalité de l'impact "en fin d'année calendaire"

Les surfeurs professionnels sont en contrat avec les 180 sociétés basées dans la région. Jean-Louis Rodriguez, président d'EuroSIMA, l'Association des industries des sports de glisse, les a conseillés pendant le confinement. "On a plutôt une population jeune. Ce sont des gens très actifs", décrit Jean-Louis Rodriguez. "On a beaucoup de start-ups aussi, pas du tout abattues au contraire, dans la réalité de sauvegarder leurs entreprises". Pendant la crise pour ces entreprises,"évidemment, le point le plus important c'était les salariés et juste après, leur situation de trésorerie". D'après le président d'EuroSIMA, pour y voir plus clair sur l'impact économique de la crise, "il faut attendre de voir ce qu'il va se passer cet été. On aura vraiment la réalité de l'impact en fin d'année calendaire", précise-t-il. 

Incertitude pour le Pro France à Hossegor

Les étapes de la coupe du monde organisées chaque année à Lacanau en Gironde et à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques sont annulées. On attend encore pour le Pro France à Hossegor, début octobre. Des épreuves menacées par l'attraction du Portugal au lieu du surf, où les conditions sont moins coûteuses. Pour l'instant aucune entreprise du Sud-Ouest n'a annoncé de plan social ou de suppression de postes. Le secteur du surf emploie 4 000 personnes en Nouvelle-Aquitaine.

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