Autorisation du vaccin Pfizer / BioNTech : "Une bonne nouvelle" pour les médecins, mais cela "ne va pas être facile" dans les Ehpad, selon un médecin

Tous les feux verts ont été donnés, la vaccination débutera bien dimanche 27 décembre en France. Seront tout d'abord concernés les résidents de deux ou trois Ehpad. Une bonne nouvelle pour les professionnels de santé même si l'obtention du consentement reste une vraie question pour certains.

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La campagne de vaccination débutera dimanche 27 décembre en France. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

La Haute autorité de Santé française (HAS) a autorisé jeudi 24 décembre l'utilisation du vaccin contre le Covid-19 développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech. C'est la dernière étape réglementaire avant le début de la vaccination dimanche dans l'Hexagone. Cet avis favorable est "une bonne nouvelle" pour Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), invité jeudi sur franceinfo. "C'est une accélération des choses qu'on souhaitait."

Il faut "renforcer les études chez les plus de 75 ans"

Les médecins vont devoir commencer par "les Ehpad, les foyers de personnes âgées, les maisons de retraite". Jérôme Marty reconnaît que cela "ne va pas être facile" car il est "nécessaire d'obtenir le consentement éclairé du patient ou de sa famille ou de sa personne de confiance s'il n'est pas en capacité de le donner. Il y a beaucoup de personnes âgées qui sont atteintes de troubles cognitifs". Selon lui, les difficultés apparaîtront notamment "si la personne de confiance n'est pas nommée et que vous avez des dissensions familiales. Si le fils veut bien vacciner sa mère mais que la fille ne le veut pas, il va falloir discuter longtemps pour l'obtenir. Cela va prendre plus de temps que prévu". Et pour les personnes fragiles sans représentant légal, il doit y avoir "une discussion collégiale avec toute l'équipe qui prend en charge cette personne s'il n'y a aucune personne de confiance et pas de famille".

L'avis de la HAS sur le vaccin de Pfizer et BioNTech précise que pour les personnes de plus de 75 ans, visées prioritairement, "les données de sécurité et d'efficacité" sont "encore limitées à ce stade", car les patients de cette tranche d'âge étaient peu nombreux dans les essais cliniques des laboratoires. Jérôme Marty comprend qu'il faut "renforcer les études chez les plus de 75 ans", mais il rappelle que les plus de 75 ans c'est "l'immense majorité des patients qui sont en Ehpad". Cet avis concerne la "pharmacovigilance". "On va vacciner ces patients s'ils nous donnent l'autorisation. Ensuite, on va les suivre pendant des semaines ou des mois afin de voir si on découvre des effets secondaires des vaccins sur eux. On sait que ces effets sont mineurs, mais on peut en découvrir de nouveaux, mineurs aussi, mais qu'il faudra notifier et suivre."

Le médecin traitant est cette épaule sur laquelle on s'appuie. On a confiance en son médecin traitant

Jérôme Marty

franceinfo

Le rôle des médecins de ville dans cette campagne de vaccination est "crucial et indispensable", tient à souligner le président de l'UFML. "C'est la personne la plus à même de discuter, de répondre aux questions du patient de façon à lui faire acquérir ce fameux consentement éclairé."

Pour passer de bonnes fêtes, le médecin veut encore attirer l'attention sur l'importance du respect des mesures barrières et donne quelques conseils de "logique". "Il faut se souvenir des modes de contamination. Il y a l'aérosol, la transmission par les mains, les gros postillons. Quand on prépare les plats, on garde les masques pour cuisiner. On se lave régulièrement les mains." A table, "on sert à l'assiette" et au moment de l'apéritif, "on ne pioche pas tous dans la même coupelle, dans le même plat. On a chacun sa coupelle et on garde les distances le plus possible". Enfin, Jérôme Marty conseille de laisser "ouvert si possible une fenêtre ou deux" ou de les ouvrir "régulièrement de façon à aérer la pièce".

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