Application StopCovid : "l'objectif d'être prêts le 11 mai est un défi", estime le secrétaire d'Etat au Numérique

Cédric O assure que cette application sera "volontaire, anonyme, transparente et temporaire".

Le secrétaire d\'Etat au Numérique, Cédric O, lors du Forum des interconnectés à Lyon (Rhône), le 12 février 2020.
Le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, lors du Forum des interconnectés à Lyon (Rhône), le 12 février 2020. (NICOLAS LIPONNE / HANS LUCAS / AFP)

La mise au point pour le 11 mai de l'application StopCovid, qui doit permettre de tracer les contacts avec des personnes diagnostiquées positives au coronavirus, constitue "un défi", souligne le secrétaire d'Etat au Numérique dimanche 26 avril. "L'objectif, c'est d'être prêts le 11 mai, mais (...) il y a encore plusieurs problèmes techniques à résoudre" et "nous ne ferons aucun compromis sur la sécurité", déclare Cédric O, dans un entretien au Journal du dimanche.

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Le secrétaire d'Etat assure que cette application sera "volontaire, anonyme, transparente et temporaire". "L'Etat n'a accès à aucune donnée identifiante et il n'y aura pas de géolocalisation, ajoute-t-il. L'installation de l'application doit relever totalement du libre consentement". "Dans l'arbitrage entre contrainte sanitaire et libertés individuelles, nous avons poussé à fond vers les libertés individuelles", fait-il encore valoir.

La Cnil demande des "garanties supplémentaires"

Cédric O propose en outre la mise en place d'un "comité de suivi et de transparence, composé d'ONG, de professionnels du droit et du numérique, de parlementaires". Le dispositif sera "une brique du dispositif d'enquêtes sanitaires qui est au cœur du déconfinement, afin d'éviter que l'épidémie ne reparte", poursuit-il dans le JDD.

La Cnil a demandé, dimanche 26 avril, "certaines garanties supplémentaires" de protection de la vie privée, avant le lancement de l'application de traçage gouvernementale StopCovid. Elle estime que "dans le contexte exceptionnel de gestion de crise", le dispositif est "conforme" aux exigences européennes de protection des données, "si certaines conditions sont respectées". Néanmoins, elle "insiste sur la nécessaire sécurité du dispositif" et veut "pouvoir se prononcer à nouveau après la tenue du débat au Parlement". 

Une technologie reposant sur le Bluetooth

En pratique, le système enregistrera, via la technologie Bluetooth, les contacts des propriétaires de téléphones ayant téléchargé l'application, "en vous notifiant dès lors que l'un d'entre eux a été diagnostiqué positif", explique Cédric O. Cela "permettra de détecter certains cas de transmission mal couverts par les enquêtes traditionnelles, comme les contacts dans les transports en commun".

Cédric O souligne que "tous les industriels mobilisés sont français", indiquant que "les plus impliqués sont Capgemini, Dassault Systèmes, Orange et deux start-up, Lunabee studio et Withings". Le développement se fait en lien avec l'Institut national de recherche en informatique et en automatique, l'Inserm, l'Institut Pasteur et l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information.

"C'est une question de souveraineté sanitaire et technologique", affirme Cédric O, pour qui c'est à l'Etat "seul de définir la politique sanitaire" et de "décider de l'algorithme qui définit un cas contact", sans avoir recours aux plateformes proposées par Google ou Apple. Le secrétaire d'Etat ajoute être en discussion avec ce dernier, car l'application ne tourne pas correctement sur les iPhone, même si ceux-ci ne représentent que 20% du parc français. Pour Cédric O, "ce que disent les épidémiologistes, c'est qu'il n'y a pas de seuil minimum de téléchargements nécessaire pour que cette application soit utile".