Application StopCovid : "Du point de vue des droits de l'homme, ce système est dangereux", estime le président de la CNCDH

Jean-Marie Burguburu, président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, s'inquiète de la mise en place de l'application StopCovid, destinée à géolocaliser les personnes atteintes du Covid-19. 

La Commission nationale consultative des droits de l\'homme, s\'inquiète de la mise en place de l\'application StopCovid. (photo d\'illustration)
La Commission nationale consultative des droits de l'homme, s'inquiète de la mise en place de l'application StopCovid. (photo d'illustration) (JEAN-FRANCOIS FREY / MAXPPP)

Pour accompagner le déconfinement du 11 mai, le gouvernement cherche à mettre en place une application sur les smartphones qui permettrait de savoir si on a croisé un malade du coronavirus. Pas d'obligation, cela se ferait sur la base du volontariat. "Ce principe nous inquiète", a déclaré ce lundi 27 avril sur franceinfo Jean-Marie Burguburu, président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH). "Du point de vue des droits de l'homme ce système est dangereux."

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Cette application inquiète aussi "le Comité national scientifique, la Cnil et le Conseil national du numérique, mais ils finissent par donner un feu vert", a regretté Jean-Marie Burguburu. "Je ne suis pas sûr que nous, Commission nationale des droits de l'homme, parce que les droits de l'homme nous préoccupent au premier plan, nous pourrons donner un feu vert."

Des garde-fous insuffisants

Le gouvernement assure que cela sera anonyme, volontaire et temporaire. Mais cela n'a rien de rassurant pour Jean-Marie Burguburu. "L'anonymat peut toujours être brisé par recoupement, les techniques informatiques le permettent parfaitement, le volontariat est biaisé puisqu'il peut être soumis à des contraintes, notamment de la part des employeurs. Ce système est trop fort pour obtenir le but poursuivi." Cette application touche la santé, "il faut lutter contre l'épidémie mais pas avec un système qui va déshumaniser."

Les droits de l'homme sont "actuellement mis en cause à cause de l'épidémie, mais il faut des limites. Il n'y a pas de limites dans le temps. Ce système actuellement provisoire peut durer longtemps, par conséquent il est dangereux. Actuellement on surveille les malades, bientôt on surveillera les manifestants, si ce n'est pas déjà fait, les migrants... On met le doigt dans un engrenage dangereux."