Pourquoi l'autorisation du Sativex, dérivé du cannabis, est un tournant

Ce spray buccal est destiné à soulager des patients atteints de sclérose en plaques et relance l'utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques.

Le Sativex, qui contient du cannabis, est destiné à traiter certains symptômes de la sclérose en plaques.
Le Sativex, qui contient du cannabis, est destiné à traiter certains symptômes de la sclérose en plaques. (AP / SIPA)

C'est une étape essentielle avant sa commercialisation. Une autorisation de mise sur le marché a été accordée au Sativex, médicament dérivé du cannabis, destiné à soulager certains symptômes de la sclérose en plaques, annonce le ministère de la Santé, jeudi 9 janvier. Il devrait être commercialisé "vraisemblablement à partir de 2015".

Si le Sativex ne sera prescrit qu'aux patients atteints de sclérose en plaques, pour soulager "les contractures sévères (spasticité), résistantes aux autres traitements" et que la prescription initiale sera uniquement réservée aux neurologues et médecins rééducateurs hospitaliers, cette autorisation est un tournant en France et relance le débat autour de l'utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques.

Parce que c'est une première en France

Alors que l'usage médical du cannabis est une réalité dans plusieurs pays européens ainsi que de plusieurs Etats américains, comme le Colorado, la France est restée jusqu'à présent réticente à ce sujet.

Seul un dérivé de cannabis, obtenu par synthèse, le Marinol (dronabinol), peut être prescrit contre les nausées et vomissements pour des patients sous chimiothérapie, mais dans le cadre d'une autorisation temporaire d'utilisation (ATU).

Parce que le sujet reste explosif

Même si les qualités curatives du cannabis sont reconnues, son utilisation thérapeutique continue de faire débat. En mars 2013, un homme atteint de myopathie depuis l'enfance s'était ainsi vu refuser par la justice le droit de fumer du cannabis pour soulager les douleurs terribles liées à sa maladie.

Car l'une des craintes évoquées régulièrement lorsqu'on parle d'un médicament dérivé d'une substance stupéfiante est le risque de toxicité ou d'addiction. Mais dans le cas du Sativex, il n'y a pas d'inquiétudes à avoir, expliquait au Figaro le professeur Pier Vincenzo Piazza, directeur d'un centre Inserm consacré aux neurosciences à Bordeaux : "Le Sativex combine deux principes actifs du cannabis. Le THC, qui est responsable des effets secondaires délétères associés au cannabis 'récréatif' : la sensation planante, les troubles cognitifs, etc. Et un autre, le cannabidiol, qui au contraire atténue cet effet. Quand ils sont présents en proportions égales, le risque de dépendance diminue fortement."

Parce qu'il pourrait soulager d'autres malades

Les médicaments dérivés du cannabis "ont un rôle fondamental à jouer en médecine", selon Jean-Daniel Flaysakier, médecin et journaliste santé à France 2, notamment pour soulager les malades atteints de cancer.

France 2