Le ministère de la Santé se veut rassurant après la découverte d'un cas probable de syndrome de Guillain-Barré

Le cas s'est déclaré chez une jeune soignante qui s'était fait vacciner six jours auparavant contre la grippe A (H1N1).Dans un communiqué, le ministère indique vendredi qu'une expertise approfondie sera menée pour savoir si cette pathologie peut être attribuée à une vaccination.

Roselyne Bachelot montre l\'exemple en se faisant vacciner contre la grippe A H1N1
Roselyne Bachelot montre l'exemple en se faisant vacciner contre la grippe A H1N1

Le cas s'est déclaré chez une jeune soignante qui s'était fait vacciner six jours auparavant contre la grippe A (H1N1).

Dans un communiqué, le ministère indique vendredi qu'une expertise approfondie sera menée pour savoir si cette pathologie peut être attribuée à une vaccination.

Le syndrome Guillain-Barré est une maladie rare du système nerveux.

Chaque année en France, 1.700 à 1.800 cas de ce syndrome donnent lieu à une hospitalisation, note le ministère, qui précise que "dans la plupart des cas la survenue d'un syndrome de Guillain-Barré est liée à un épisode infectieux, bactérien ou viral, dont la grippe".

Le cas ici présent serait apparu sous une forme modérée qui aurait "évolué favorablement" selon les termes du ministère de la Santé. Le ministère de Roselyne Bachelot fait valoir que "l'attribution d'un syndrome de Guillain-Barré à une vaccination nécessite une expertise approfondie", qui sera conduite par l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

Roselyne Bachelot s'est engagée "à la transparence sur les effets secondaires de la vaccination contre la grippe A(H1N1)", souligne le ministère, qui précise que l'Afssaps publiera vendredi un bulletin de pharmacovigilance.

Lancement de la campagne de vaccination
Ce cas de Guillain Barré tombe plutôt mal, puisque la campagne de vaccination contre la Grippe A H1N1 a débuté jeudi dans toute la France. Et cela ne risque pas d'inverser la tendance de méfiance à l'égard du vaccin. En effet, en dépit de la campagne d'information intensive menée par le ministère de la Santé, la défiance reste de mise dans la population, selon les derniers sondages. Seulement quelque 20% des gens envisageaient de se faire vacciner, craignant les effets secondaires du nouveau vaccin.

Gratuite et non obligatoire, 1.060 centres ont été ouverts pour cette vaccination. La première journée n'a connu qu'une faible affluence le tout dans un climat de méfiance vis-à-vis du vaccin. A Paris, pas grand monde dans les deux centres visités par l'AFP : une vingtaine de clients en une heure dans l'un, une dizaine dans l'autre... Avec des protestations des gens qui arrivent sans bon et se font renvoyer chez eux. Petit problème : les bons ne précisent pas les heures d'ouverture des centres. A Lille, le principal centre de vaccination est resté désert jeudi matin. "Il y a eu toute l'info sur la logistique et le bien-fondé de la vaccination mais aussi les responsables qui disent qu'ils ne se feront pas vacciner ou qu'ils doutent", a expliqué Jean-Claude Stellamans, responsable du centre.

Au total, quelque six millions de personnes - l'entourage des nourrissons, les personnels de santé, les personnes à risque de faire des complications - devraient avoir reçu les bons de vaccination qui leur permettaient d'aller se faire vacciner dès ce jeudi. Les personnes vaccinées ce jeudi devront revenir dans trois semaines pour la deuxième dose, à moins que d'ici là ne change la stratégie vaccinale, comme la ministre Roselyne Bachelot en a évoqué la possibilité. La ministre, qui n'est pas parmi les populations prioritaires, a choisi de se faire inoculer le vaccin dès ce jeudi, "pour montrer l'exemple". Comme tout le monde, Mme Bachelot a reçu le vaccin de GlaxoSmithKline, le seul arrivé en France.

La circulation du virus s'intensifie
1.150.000 personnes ont consulté leur médecin pour la grippe au cours des neuf dernières semaines, et le nouveau virus a intensifié sa circulation en France métropolitaine la semaine dernière, selon le réseau Sentinelles et l'Institut de veille sanitaire (InVS). "Il faut faire en sorte que la majorité des gens se soient faits vacciner avant qu'on entre dans le pic épidémique (...) en novembre ou en décembre", a noté sur RTL le directeur général de la Santé Didier Houssin.