Un hiver 2012 particulièrement meurtrier

Près de 6 000 décès supplémentaires ont été enregistrés en février-mars par rapport à 2011, selon une estimation de l'Institut de veille sanitaire.

Un riverain déneige la chaussée devant sa porte à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 11 février 2012. 
Un riverain déneige la chaussée devant sa porte à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 11 février 2012.  (FREDERIC SPEICH / LA PROVENCE / MAXPPP)

L'hiver 2012 a été plus meurtrier que son prédécesseur. Près de 6 000 décès supplémentaires ont été enregistrés en février-mars, selon une estimation de l'Institut de veille sanitaire (InVS) rendue publique mardi 4 septembre. A titre de comparaison, la canicule de 2003 aurait entraîné une surmortalité de près de 12 000 personnes.

Sans donner d'explication officielle à cette surmortalité (+13%), l'InVS note qu'elle survient aux dates correspondant à la dernière vague de froid ainsi qu'aux épidémies de gastro-entérite et de grippe, soit "entre le 6 février et le 18 mars 2012". Parmi les populations les plus touchées figurent les personnes âgées de plus de 85 ans, avec 2 850 décès en excès (+18%) chez les personnes âgées de 85 à 94 ans et un millier de décès en excès (+31%) chez les personnes de 95 ans ou plus. 

Si les zones les plus touchées se trouvent majoritairement dans le sud de la France, la quasi-totalité des régions, à l'exception de la Corse, a enregistré des excès de décès variant de +8% en Alsace à +22% en Paca.

Des données encore partielles 

"La survenue concomitante de plusieurs facteurs (vague de froid et épidémies saisonnières, notamment grippale)" en février-mars "peut, au moins en partie, expliquer ce phénomène, mais leur part respective dans cette augmentation reste à évaluer", a expliqué à l'AFP Anne Fouillet, statisticienne pour le réseau de surveillance sanitaire des urgences et des décès (SurSaUD) qui a dirigé l'étude.

Cependant, les chercheurs restent prudents sur les causes précises de la surmortalité car ils ne disposent d'informations médicales que sur 5% des décès. Des bases de données complètes devraient être disponibles d'ici un an à un an et demi.