L'addiction aux jeux vidéo est reconnue comme maladie par l'Organisation mondiale de la santé

Le trouble se caractérise notamment par "une perte de contrôle sur le jeu" et "une priorité accrue accordée au jeu".

Des images d\'un festival Xbox à Athènes (Grèce), le 19 mars 2017.
Des images d'un festival Xbox à Athènes (Grèce), le 19 mars 2017. (PANAYOTIS TZAMAROS / NURPHOTO / AFP)

L'addiction aux jeux vidéo a été formellement reconnue comme maladie par l'Organisation mondiale de la santé, lundi 18 juin. Le "trouble du jeu vidéo" a intégré la 11e version de la Classification internationale des maladies (CIM, en anglais ICD), première mise à jour globale de cette nomenclature depuis le début des années 1990. Elle rejoint ainsi dans cette liste des troubles tels que l'addiction à la cocaïne ou aux jeux d'argent.

"Une priorité accrue accordée au jeu"

"Après avoir consulté des experts dans le monde entier, et avoir examiné la littérature de manière exhaustive, nous avons décidé que ce trouble devait être ajouté", a expliqué le directeur du département de la Santé mentale et des toxicomanies de l'OMS, Shekhar Saxena.

[Il s'agit d']un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d'autres centres d'intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables.Organisation mondiale de la santéClassification internationale des maladies

Pour établir le diagnostic, ce comportement extrême doit avoir des conséquences sur les "activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles", et "en principe, se manifester clairement sur une période d'au moins douze mois". L'OMS avait publié dès janvier une définition de ce trouble, en annonçant cette reconnaissance comme maladie. Au mois de mars, plusieurs fédérations d'éditeurs de jeux vidéo à travers le monde avaient appelé l'OMS à revenir sur cette décision.

Seule "une petite minorité" de joueurs concernés

"La personne joue tellement que d'autres centres d'intérêt et activités sont délaissées, y compris le sommeil et les repas", explique Shekhar Saxena. De nombreux cas ont été décrits de joueurs compulsifs incapables de se détacher de leur ordinateur, appareil mobile ou console de jeux, au point d'abandonner toute vie sociale et de mettre en danger leur santé, mentale et/ou physique.

Quelque 2,5 milliards de personnes dans le monde jouent aujourd'hui aux jeux vidéo. Mais le trouble ne touche qu'une "petite minorité", a souligné le responsable de l'OMS, rappelant que "nous ne disons pas que toute habitude de jouer aux jeux vidéo est pathologique".