Injections illégales de botox : "Les réseaux sociaux doivent réagir", interpelle le président du syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique

Le président du syndicat national de la chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, Adel Louafi, "a alerté les plateformes" sur les dangers des comptes sur les réseaux sociaux proposant des injections illégales de botox.
Article rédigé par franceinfo ­
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Une femme se fait faire une injection de botox au front, en mars 2019. Photo d'illustration. (SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP)

"Les réseaux sociaux doivent réagir", interpelle mercredi 13 septembre sur franceinfo Adel Louafi, chirurgien et médecin esthétique à Paris et président du syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. Deux sœurs sont jugées mercredi 13 septembre à Valenciennes pour des injections illégales de botox et d'acide hyaluronique sur des centaines de clients, dont au moins 30 se sont portés parties civiles. Les prévenues proposaient ces actes sur les réseaux sociaux.

Ces personnes qui proposent des injections illégales "agissent en toute impunité sur les réseaux", déplore le docteur Louafi. Le syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique a "alerté les plateformes, en particulier Instagram" et a "réussi à faire fermer un certain nombre de comptes de ces injectrices illégales", précise-t-il. Néanmoins, ils demandent aux dirigeants des réseaux sociaux d’être "beaucoup plus proactifs sur le sujet et de prendre l’initiative de fermer ce qui, manifestement, ne sont pas des comptes de deux médecins".

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Car il y a un enjeu de santé publique, insiste-t-il. "Depuis 2018, il y a une explosion de ces complications graves qu’on n’avait jamais vues en France." Le docteur Adel Louafi fait un lien avec la montée en puissance des influenceurs. "Nous avons fait un sondage au niveau du Syndicat national de chirurgie plastique : 60 % des chirurgiens esthétiques ont vu des complications d'injections illégales et plus du quart ont vu des complications graves d'injections illégales, c'est-à-dire des complications nécessitant une hospitalisation ou susceptibles de laisser des séquelles à vie", alerte-t-il. À titre personnel, le médecin esthétique affirme avoir "vu des dizaines de patientes avec des complications d'injections illégales" et ajoute-t-il, "j’en ai fait hospitaliser six".

Le président du syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique soulève par ailleurs que "malheureusement, les victimes, et en particulier les victimes graves, souvent, ne portent pas plainte parce qu'elles ont honte, qu'elles ont peur d'être jugées".

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