Une mère a dû dormir par terre à l'hôpital : "Il existe encore de grands besoins", selon la Fondation des hôpitaux de France

Le témoignage d'une femme contrainte de dormir à même le sol dans la chambre d'hôpital de son enfant, à Saint-Denis, a beaucoup ému. Pour aller plus loin, franceinfo a interrogé Danuta Pieter, déléguée générale de la Fondation des hôpitaux de France.

Pour ne pas laisser son fils de 2 ans tout seul dans sa chambre d\'hôpital, une femme a été contrainte de dormir sur un drap posé au sol (photo d\'illustration).
Pour ne pas laisser son fils de 2 ans tout seul dans sa chambre d'hôpital, une femme a été contrainte de dormir sur un drap posé au sol (photo d'illustration). (CAIA IMAGE / SCIENCE PHOTO LIBRA / NEW)

C'est une histoire qui a beaucoup fait réagir. Dimanche 11 février, une mère de famille a raconté dans les colonnes du Parisien comment elle avait été obligée de dormir par terre dans la chambre de son enfant malade, à l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). "Je me suis sentie comme un animal. Il faisait froid, je n’ai dormi qu’une heure avec mon manteau", a-t-elle expliqué. Pour tenter de comprendre l'ampleur du phénomène, franceinfo a contacté Danuta Pieter, déléguée générale de la Fondation des hôpitaux de France, en première ligne sur la question de l'accompagnement des parents à l'hôpital.

Franceinfo : Quelle a été votre réaction à la lecture du témoignage de cette mère ?

Danuta Pieter : Nous sommes toujours très touchés quand nous lisons un tel témoignage d’une maman ou d’un papa. Le rapprochement des familles est une question historique pour nous : c’est pour cela que l’opération Pièces jaunes a été lancée. Nous avons été les premiers à créer des maisons parents-enfants. Nous y avons consacré 20 millions d’euros depuis 1989, avec la construction de 52 maisons des parents et 2 701 chambres parents-enfants. Mais il existe encore de grands besoins et des situations difficiles peuvent se produire. Toutes les chambres de tous les hôpitaux ne sont pas toujours équipées d'un lit pour l'accompagnant.

Votre fondation a-t-elle financé des projets dans l'hôpital Delafontaine, où l'enfant de cette dame était hospitalisé ?

Oui. Nous avons financé 27 projets dans cet hôpital. Sur le volet accompagnement, nous avons financé six chambres parents-enfants et 40 fauteuils lits, qui sont encore en cours d’acquisition. La difficulté, c’est que tous les projets sont importants et que les moyens sont contraints.

Combien de projets recevez-vous chaque année et combien en financez-vous ?

Sur nos différents sujets, nous recevons 400 à 500 projets, liés à nos différents axes de travail : accompagnement des familles, développement des activités (sportives, artistiques), la lutte contre la douleur, l'accueil des adolescents ou les conditions d'accueil à l'hôpital. Cela fait beaucoup de sollicitations. Le nombre de projets financés n'est pas très significatif : il y a de très gros projets, comme une maison parents-enfants de 650 m² à Orléans (Loiret), et d'autres très petits. Mais, l'an dernier, nous avons financé 215 projets pédiatriques, pour 3,2 millions d'euros.

Comment faites-vous vos choix ?

Nous avons vraiment à cœur d’être au plus près des besoins du terrain. Nous n'imposons pas ce qu'il faut faire. Nous lançons des appels à projets, auxquels les hôpitaux peuvent répondre. Avec plus de 13 000 projets financés depuis notre création, nous sommes un acteur bien identifié des équipes médicales et soignantes. Ces projets sont soumis à notre comité d’orientation scientifique, composé de 20 personnalités bénévoles (médecins, soignants, directeurs d’hôpitaux). Ils accordent ou non les financements suivant la qualité du projet, les devis qui nous sont présentés et notre enveloppe. Chaque projet doit respecter nos champs d’actions, nous ne finançons pas la recherche, ni le personnel. Pour être efficaces en philanthropie, il ne faut pas se disperser.

Vos collectes, via l'opération Pièces jaunes, sont-elles toujours efficaces ?

Les Français continuent à être généreux. L’opération est un rendez-vous attendu du mois de janvier, bien inscrite dans le calendrier de la solidarité. Mais il faut continuer à être dynamique, la mobilisation n'est pas gagnée d’une année sur l’autre. L'opération 2018 se termine le 17 février. Nous avons senti une campagne dynamique et nous espérons que cela se traduira par des dons les plus importants possibles.