Pour lutter contre la violence aux urgences, Martin Hirsch annonce "40% de caméras supplémentaires d'ici à trois ans"

Dans une interview au "Parisien", le patron de l'AP-HP indique vouloir "passer à la vitesse supérieure sur la vidéosurveillance".

Le directeur général de l\'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, le 10 avril 2018 à l\'Elysée.
Le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, le 10 avril 2018 à l'Elysée. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Il y a aura 40% de caméras supplémentaires, soit plus de 1 500 au total, installées d’ici à trois ans, là où les équipes estiment en avoir besoin." Directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch annonce, dans une interview mise en ligne mardi 15 mai dans Le Parisien, son intention de passer "à la vitesse supérieure sur la vidéosurveillance" dans les établisssements hospitaliers. C'est une des principales mesures de son plan pour lutter contre la violence aux urgences.

Des caméras dans un service de réanimation

Selon Martin Hirsch, cette investissement a un coût de 30 millions d’euros, "l’équivalent d’un petit bâtiment". "Necker, Henri-Mondor, l’Hôpital européen Georges-Pompidou… la plupart des établissements sont concernés. Dans un hôpital comme la Pitié-Salpêtrière, plus grand que le Vatican, ce sont 80 caméras de plus", précise le patron de l'AP-HP. Il ajoute que quatre caméras seront même installées dans le service de réanimation de l’hôpital Beaujon à Clichy, à la demande des soignants.

Les images seront visionnées dans des postes de sécurité prévus à cet effet. Les caméras "intelligentes" seront programmées pour envoyer une alerte à l'agent de sécurité en cas de fait anormal. Celui-ci pourra intervenir si besoin. "Il n'y a pas de meilleur reflet de la société que l’hôpital, mais l’on ne peut tolérer que la violence s’y invite, impactant les équipes et les patients, justifie-t-il dans cet entretien. Depuis quelques années, il est à la mode de se focaliser sur la religion dans les hôpitaux alors que l’incivilité y est un problème bien plus important."

Philippe Juvin, chef de service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou à Paris et eurodéputé Les Républicains a salué mercredi sur franceinfo "le bon plan" de Martin Hirsch. "Martin Hirsch dégaine une arme réelle technique qui va s'appliquer", a réagi Philippe Juvin. "La mise en œuvre de la vidéo de surveillance, c'est à la fois de la prévention parce que les gens savent qu'ils sont filmés, donc ils font attention, et puis c'est la possibilité de rattraper les mauvais garçons qui ont fait de sales coups. C'est une très bonne idée."