VIDEO. Plan hôpital : le gouvernement a fait le choix de "concentrer les moyens publics sur ce qui nous semble le plus urgent", explique Édouard Philippe

Des primes mais pas d'augmentation de salaire : le Premier ministre explique les choix du gouvernement pour garantir l'avenir de l'hôpital public.

FRANCE INTER / RADIO FRANCE

"Un plan d’urgence pour aider à passer une période très difficile" : voilà comment le Premier ministre Édouard Philippe présente le plan hôpital, jeudi 21 novembre sur France Inter. Après huit mois de crise dans les hôpitaux publics, le gouvernement a annoncé mercredi une rallonge budgétaire et une reprise de dette étalées sur trois ans, ainsi que des primes pour les personnels.

Le gouvernement veut "concentrer les moyens publics sur ce qui nous semble le plus urgent pour faire fonctionner l’hôpital, explique le Premier ministre. Notre choix et je l’assume, ça a été de concentrer les moyens publics, ils sont considérables mais ils ne sont pas illimités, sur ce qui nous semble le plus urgent pour faire fonctionner l’hôpital."

Nous avons considéré que si nous augmentions les salaires, l’impact sur chacun des personnels concernés aurait été très largement en deçà des espérances qui étaient formulées.

Édouard Philippe

à franceinfo

Le salaire des infirmières et infirmiers français est au 26e rang sur 29 des pays de l'OCDE. Mais il a fallu faire des choix, a répété le chef du gouvernement : "Lorsque nous augmentons très sensiblement les aides-soignants en gériatrie, nous savons qu'il y a là un problème spécifique et très sérieux (...), pour faire en sorte de répondre à cette urgence qui, parmi toutes les urgences de l'hôpital, est peut-être encore plus importante."

Face aux réclamations des organisations syndicales de divers branches de l'hôpital public qui demandent plus de personnel et de lits, Édouard Philippe a répondu que c'est en passant d'abord par les mesures annoncées par le gouvernement mercredi que l'hôpital pourra ensuite s'ancrer dans un cercle vertueux : "En 12 ans, (...) on a asséché les capacités de l'hôpital public, on a contraint ses capacités à organiser son fonctionnement. Nous voulons redonner des marges de manœuvre. C'est pour ça que nous donnons des moyens, que nous reprenons la dette. Et c'est grâce à cela qu'on va pouvoir recruter, recréer des lits quand c'est nécessaire."

Il ne s’agit pas d’ouvrir les vannes, il s’agit d’essayer de transformer notre pays quand il en a besoin, de répondre à des urgences quand elles existent […] en essayant de faire attention à l’argent public.

Édouard Philippe

à franceinfo

"Nous faisons des choix, martèle Edouard Philippe. Nous faisons attention aux finances publiques, et nous considérons aussi que dépenser de l’argent dans l’hôpital, c’est faire un investissement"

Les collectifs inter-urgences et inter-hôpitaux, ainsi que l'ensemble des syndicats de la fonction publique hospitalière, ont estimé dans un communiqué commun que le gouvernement "ne répond pas à la gravité de la situation" et fixent deux nouvelles dates de mobilisation.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, invité de France Inter, le 21 novembre 2019.
Le Premier ministre, Édouard Philippe, invité de France Inter, le 21 novembre 2019. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)