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Enquête sur le moral des personnels soignants au plus bas : la crise "qui traverse l'hôpital est profonde, dangereuse"

"Il faut redonner du sens à ces métiers, de l'attractivité, redonner aux médecins le goût de s'engager pour le service public", plaide Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF). 

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Radio France
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Un soignant manifeste le 10 décembre 2019 à Nantes. (LOIC VENANCE / AFP)

Le personnel hospitalier a le moral au plus bas et une santé qui se dégrade, révèle le 8e baromètre "Carnet de Santé", publié lundi 30 décembre, et réalisé par Odoxa pour la mutuelle nationale des hospitaliers, franceinfo et le Figaro. 31% des personnels hospitaliers déclarent avoir eu un ennui de santé ces derniers mois. C'est cinq points de plus que l'ensemble des Français. 54% se disent insatisfaits par leur travail.

"Cette crise profonde qui traverse l'hôpital est profonde, dangereuse, elle appelle à une accélération des réformes", a commenté lundi sur franceinfo Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF). "On a un problème de reconnaissance des métiers dans le service public de santé".

franceinfo : Comment expliquez-vous ces chiffres ?

Frédéric Valletoux : Il y a la question des moyens, mais il y a la question du malaise lié au sens de l'engagement. Le service public de santé est traversé par de multiples tensions, celle sur les moyens budgétaires, mais aussi sur les effectifs, la crise du système de santé, il y a de moins en moins de généralistes et les gens se tournent de plus en plus vers l'hôpital. L'hôpital se trouve à jouer un rôle de premier recours qui n'est pas celui pour lequel il a été organisé. Toutes ces crises qui traversent le système de santé pèsent sur l'hôpital.

À quoi est dû le pessimisme et le manque d'espoir en l'avenir ?

Je pense que sur le plan financier le gouvernement a fait des gestes mais c'est un premier pas qui ne résout pas la crise. Quand on parle de problème de recrutement, il faut redonner du sens à ces métiers, de l'attractivité, redonner aux médecins le goût de s'engager pour le service public, là où beaucoup sont susceptibles de partir parce qu'ils ont des conditions plus confortables, attractives, dans le privé. Cela est vrai pour tous les personnels. Pour les Ehpad, il y a urgence à lancer la réforme du financement de la dépendance pour permettre de donner de nouveaux moyens aux maisons de retraite publiques et donc mieux valoriser les carrières. On a un problème de reconnaissance des métiers dans le service public de santé.

La réforme des retraites est jugée pénalisante par les deux-tiers des personnels hospitaliers. Est-ce que cela vient s'ajouter au reste des problèmes ?

Oui, cela vient s'ajouter à l'angoisse. Il y a la reconnaissance de la pénibilité, les métiers qui sont durs. Les métiers ne sont plus les mêmes qu'il y a quelques dizaines d'années. On n'a pas su évoluer dans l'accompagnement des métiers, des carrières. Cette crise profonde qui traverse l'hôpital est profonde, dangereuse, elle appelle à une accélération des réformes. Il faut qu'on prenne la mesure de ces tensions parce que c'est toute cette offre publique qui est en train de se casser la figure et ça serait fortement dommageable pour le pays.

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