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Grève dans les hôpitaux : "Tout le travail reposait sur moi", confie une interne "découragée" face aux heures supplémentaires

Les internes des hôpitaux sont appelés à faire grève ce vendredi pour défendre leurs conditions de travail, qu'ils jugent dégradées. Ils dénoncent des journées à rallonge et des salaires trop bas.
Article rédigé par Anne-Laure Dagnet
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
Dans un hôpital des Hautes-Alpes, le 28 avril 2022. (THIBAUT DURAND / HANS LUCAS / AFP)

Plus que jamais, l'hôpital français est au bord de la rupture. Surmenés et sous-payés, les internes en médecine sont appelés à faire grève vendredi 28 avril pour leurs salaires et leurs conditions de travail. "Les jeunes médecins sont en détresse psychologique" et leur temps de travail "dépasse allègrement le maximum légal" de 48 heures par semaine, alerte l'Intersyndicale nationale des internes (Isni) dans un communiqué jeudi.  

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Malgré un rappel à l'ordre du Conseil d'Etat, les hôpitaux ne font toujours pas le décompte précis des heures de leurs internes. D'après l'intersyndicale des internes, ils travaillent plus de 58 heures par semaine en moyenne, bien au-delà donc de la limite légale fixée à 48 heures.

"Je voyais les patients seule alors que j'étais en formation"

Souvent, ils occupent la place de médecins titulaires, puisqu'il n'y en a pas assez : c'est ce qui est arrivé à cette jeune interne dans le service de pédopsychiatrie d'un grand hôpital parisien. "Par exemple, durant un semestre, j'étais toute seule en psychiatrie. Tout le travail reposait sur moi : je voyais les patients toute seule alors que j'étais en formation. Je n'avais aucune supervision", détaille-t-elle.

Sur franceinfo, elle dénonce aussi des conditions de travail parfois très complexes et des situations à risques : "C'était une unité très compliquée avec beaucoup de violences physiques : j'ai déjà reçu le coup d'un patient. Il était en face de moi dans le couloir, s'est agité et s'est précipité vers moi. Il n'aurait pas dû être sorti de sa chambre à ce moment-là. C'est très éprouvant, c'est très dur. Ça décourage", conclut-elle.

Comme elle, les internes réclament des horaires décents, mais aussi une revalorisation de 300 euros brut par mois (soit environ 15% d'augmentation), un décompte strict du temps de travail ainsi que des aides au logement, en fonction du coût de l'immobilier. En effet, dans certaines agglomérations, les internes n'arrivent pas à se loger et perdent ainsi des heures en temps de trajet.

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