Grève dans les hôpitaux : "Un système de santé sans les internes ne fonctionne pas", prévient le vice-président de l'ISNI

L'Intersyndicale nationale des internes appelle à la grève ce vendredi pour dénoncer les conditions de travail et les salaires des jeunes médecins.
Article rédigé par France Info
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Guillaume Bailly, premier vice-président de l'’Intersyndicale nationale des internes. (franceinfo)

"En termes de temps de travail, nous dépassons le seuil légal européen qui est de 48 heures par semaine", explique Guillaume Bailly, interne en médecine cardio-vasculaire, à Paris, premier vice-président de l'ISNI, l’Intersyndicale nationale des internes, alors que les internes des hôpitaux sont appelés à faire grève vendredi 28 avril pour défendre leurs conditions de travail qu'ils jugent dégradées. Ils dénoncent des journées à rallonge et des salaires trop bas.

franceinfo : Est-ce que les grévistes vont soigner les malades malgré tout ?

Guillaume Bailly : L'idée c'est que les internes ne se présentent pas à leur travail. Nous appelons à ce que les internes en médecine n'assurent pas leurs fonctions aujourd'hui. Cela veut dire, mettre un brassard pour ceux qui le souhaitent, mais surtout être en dehors des services avant tout.

Quelles sont vos revendications ?

Les internes sont à minimum bac +6 et nous assurons ce travail pour un salaire de 6,40 euros brut de l'heure. Ce calcul est rapporté sur le temps de travail horaire qui parfois dépasse les 100 heures par semaine. Nous demandons une augmentation significative des salaires, 300 euros brut par mois, ce qui nous permettrait de rattraper le retard que nous avons à ce niveau-là. En termes de temps de travail, nous dépassons le seuil légal européen qui est de 48 heures par semaine. En l'absence d'un décompte fiable et accessible, nous ne pouvons pas décompter le temps horaire de manière précise et nous ne savons pas quel est le volume horaire que nous exerçons chaque semaine.

De quoi dépend le temps de travail de chaque interne ?

Cela dépend des établissements, des services, de la charge de travail. Le simple fait qu'on se pose la question illustre le fait qu'il n'y a pas d'outils qui permettent de faire le décompte. Nous sommes payés sur le seuil de 48 heures. Si je passe 100 heures par semaine, je serai payé 48 heures. Donc, je peux faire une semaine supplémentaire non payée.

"Les conditions de travail sont extrêmement précaires pour l'ensemble des internes."

Guillaume Bailly

à franceinfo

Que demandez-vous ?

De se conformer à ce que prévoit la loi. Le Conseil d'État a émis une décision en juin 2022 qui somme tous les CHU de mettre en place cet outil pour faire un décompte horaire pour les internes. Les services ne sont pas prêts à mettre en place cet outil car rien n'est prévu. C'est à la direction des affaires médicales de s'en saisir. Un système de santé sans les internes ne fonctionne pas.

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