L'anesthésiste de Besançon, mis en examen pour 17 nouveaux cas d'empoisonnements, laissé libre sous contrôle judiciaire

La juge des libertés et de la détention n'a pas suivi la demande du procureur de la République qui souhaitait le placement en détention provisoire de l'anesthésiste. 

L\'anesthésiste Frédéric Péchier, mis en examen pour 17 nouveaux cas d\'empoisonnements, a été placé sous contrôle judiciaire dans la nuit du 16 au 17 mai 2019.
L'anesthésiste Frédéric Péchier, mis en examen pour 17 nouveaux cas d'empoisonnements, a été placé sous contrôle judiciaire dans la nuit du 16 au 17 mai 2019. (MAXPPP)

Le docteur Frédéric Péchier, anesthésiste à Besançon mis en examen jeudi pour dix-sept nouveaux cas d'empoisonnements présumés de patients, a été laissé libre sous contrôle judiciaire, contrairement à la demande du procureur de la République, ont indiqué vendredi 17 mai ses avocats. Le parquet a annoncé dans la foulée qu'il allait faire appel de cette décision. 

"Nous considérons que c'est une bonne décision, elle se démarque de ce que pourrait être un emballement judiciaire", a déclaré à France Bleu Besançon Maître Jean-Yves Leborgne, l'un des avocats de l'anesthésiste. "Le magistrat a considéré que ni les problèmes de sureté, c'est-à-dire de présence, de réponses aux convocations de la justice, ni les exigences de l'instruction ne justifiaient une détention", a-t-il poursuivi. "C'est la raison pour laquelle un contrôle judiciaire comme c'était le cas jusqu'alors, depuis deux ans, a été prononcé", a-t-il ajouté. 

Interdit d'exercer sa profession

Le docteur Péchier, déjà mis en examen en 2017 pour sept cas d'empoisonnements, a de nouveau été mis en examen pour "empoisonnement sur personne vulnérable" pour dix-sept nouveaux cas de patients, dont sept sont décédés.

Le procureur de la République, Etienne Manteaux, avait annoncé jeudi après-midi, lors d'une conférence de presse, demander le placement en détention provisoire du médecin âgé de 47 ans. Mais au terme de plusieurs heures d'audience à huis clos, la juge des libertés et de la détention l'a laissé libre, sous contrôle judiciaire, comme c'est le cas depuis 2017. Il lui est interdit d'exercer sa profession.