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Allocation adulte handicapé : après les contestations, le gouvernement retire son projet de réforme

Il n'appliquera pas le nouveau mode de calcul de l'AAH tel qu'il était prévu dans le projet de budget 2016.

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France Télévisions
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Sur le quai du métro lyonnais, le 9 avril 2014. Un million de personnes bénéficient de l'allocation adulte handicapé en France.  (20 MINUTES / SIPA)

Le gouvernement n'appliquera pas le nouveau mode de calcul, contesté, de l'allocation adulte handicapé (AAH) tel qu'il était prévu dans le projet de budget 2016, a annoncé mardi 3 novembre la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville.

Entendant les "inquiétudes", le gouvernement a "décidé de ne pas appliquer cette mesure en l'état, au regard de son impact sur les ressources des personnes concernées", a-t-elle déclaré dans l'hémicycle de l'Assemblée à l'occasion de l'examen du volet solidarité et insertion du budget.

Le projet de budget pour l'année 2016 prévoyait de déduire du montant de cette allocation les intérêts des comptes épargnes non imposables, comme le livret A. Cela aurait réduit non seulement le montant de l'AAH pour les bénéficiaires ayant de l'argent de côté, mais cela leur aurait surtout fait perdre des droits connexes qui ne sont ouverts qu'à ceux qui touchent l'AAH à taux plein.

Un manque à gagner de "1 257 à 2 151 euros par an"

En plus de cette allocation, 210 000 personnes handicapées perçoivent en effet un complément de ressources, indique l'Association des paralysés de France (APF). Ceux qui se trouvent dans l'incapacité totale de travailler disposent ainsi d'un apport de 179 euros mensuels, et ceux qui résident à leur propre domicile d'une majoration pour la vie autonome de 105 euros par mois. 

Le montant actuel de l'AAH est fixé à 807,65 euros par mois pour les personnes ne percevant aucun revenu. Un million de personnes en bénéficient aujourd'hui, pour un coût total pour l'Etat chiffré à 8,5 milliards d'euros par an, rapporte Libération.

L'APF avait calculé que, "pour quelques dizaines d'euros" tirés des intérêts de leurs livrets d'épargne (205 euros par an maximum sur un livret A), les personnes concernées par cette réforme de l'AAH auraient perdu "1 257 à 2 151 euros par an" de ressources.

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