Aidants familiaux : quel soutien ?

Placée cette année sous le haut patronage du président François Hollande, la 6e Journée nationale des aidants a eu pour objectif de favoriser la reconnaissance du rôle joué par ces personnes au sein de la société. Qui sont les aidants ? Quels sont les enjeux pour eux et pour les personnes aidées ? Quelles sont les aides mises en place ? Le point sur ce statut parfois un peu flou.

Le terme d'aidant est souvent méconnu du grand public. Pourtant, plus de 8 millions de personnes en France seraient directement concernées. 

Qui sont les aidants, que font-ils ?

Etre aidant, c’est apporter un soutier régulier à un proche en situation de dépendance ou de perte d’autonomie sans pour autant être un professionnel de santé. Deux termes coexistent actuellement : on parle en général d’aidant naturel ou d’aidant familial. S’il n’existe pas aujourd’hui de statut juridique précis encadrant cette notion, le terme apparaît néanmoins dans quelques textes légaux.

Ainsi, l’aidant familial de la personne handicapée est caractérisé dans l’article R245-7 du Code l’action sociale et des familles : «est considéré comme un aidant familial, pour l’application de l’article L. 245-12, le conjoint, le concubin, la personne avec laquelle le bénéficiaire a conclu un pacte civil de solidarité, l’ascendant, le descendant ou le collatéral jusqu’au quatrième degré du bénéficiaire, ou l’ascendant, le descendant ou le collatéral jusqu’au quatrième degré de l’autre membre du couple qui apporte l’aide humaine définie en application des dispositions de l’article L. 245-3 du présent code et qui n’est pas salarié pour cette aide. »

Deux Français sur dix déclarent apporter une aide régulière et non rémunérée à un proche, qu'il soit malade, en situation de handicap ou dépendant, et quel que soit son lieu de domicile (chez lui, chez l'aidant, en EPHAD, etc.). La moyenne d'âge des personnes assistant un proche âgé est de 59 ans. La majorité des aidants sont des femmes.

Les Français sont en général mal informés sur la notion et le rôle de l'aidant, puisque 71% d'entre eux déclarent ne pas savoir exactement à quoi correspond ce terme.

Les aides aux aidants

Indispensables au quotidien des personnes dépendantes (tâches ménagères, aide au lavage et à l’habillage, transport etc.), on estime que les aidants consacrent entre 5 à 40 heures par semaine à ce rôle. Une activité chronophage qui peut les mener à l’épuisement et qui instaure parfois une relation complexe entre l’aidant et l’aidé.

Des aides ont été mises en place : certaines concernent les personnes dépendantes, d’autres directement les aidants. Si vous êtes concerné, n'hésitez pas à les solliciter.

Les aides financières sont  de plusieurs natures :

  • L’APA, aide personnelle de retour à l’autonomie, est probablement la plus connue. S’adressant aux personnes de plus de 60 ans en fonction de leur degré d'autonomie, et sans condition de ressource, elle finance des prestations permettant de rester à domicile ou une partie des frais d'hébergement temporaire en établissement. Une revalorisation des montants de l'APA est en cours d'étude dans le cadre de la future loi d'adaptation de la société au vieillissement.

    Pour bénéficier de l'APA, s’adresser au Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) de votre ville ou encore à la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de votre département. Pour en savoir plus : Servicepublic.fr
     
  • Des mesures fiscales de faveur des aidants ayant à charge des personnes handicapées ont également été prises. Elles concernent l'impôt sur le revenu des personnes physiques ainsi que la TVA. Plus d'informations sur : Prochedemalade.com

Les aides psychologiques :

Afin de faire face aux phénomènes de fatigue et de lassitude rencontrés par une grande partie des aidants, des aides psychologiques ont été également mises en place. Elles peuvent prendre la forme de groupes de parole, ou encore de formations. De nombreux guides ont également été édités. Vous pourrez retrouver l'ensemble de ces guides à destination des aidants sur : Aidants.fr

  • L'aide au répit : en accueillant les personnes âgées et en leur proposant des activités, l'aide au répit permet de libérer l’aidant pendant quelques heures. Des bénévoles peuvent également intervenir à domicile ponctuellement. Des séjours de répit peuvent en outre être mis en place afin de permettre aux personnes âgées et à leurs aidants d’être accueillis quelques jours dans des structures adaptées.
     
  • Enfin, et à plus long terme, l’aidant peut également bénéficier d'un congé de soutien familial, allant jusqu'à un an, non rémunéré, garantissant le retour à un poste équivalent dans l'entreprise. Plus de détails sur : Service-public.fr