Grève de SOS Médecins : "Si rien n'est fait, on pense que la visite à domicile risque de disparaître"

Aucune visite à domicile ne sera effectuée pendant 24 heures lundi.

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Radio France
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SOS médecins (illustration). (PHILIPPE THOMAS / RADIO FRANCE)

"Nous sommes obligés d'alerter de cette manière à la fois les pouvoirs publics et les citoyens pour que chacun nous dise s'il considère que les services à domicile restent un service médical important ou pas pour les patients", explique le secrétaire général de SOS Médecins, le médecin généraliste Serge Smadja dimanche 25 septembre sur franceinfo. SOS Médecins a annoncé un "arrêt total" de son activité pendant 24 heures à partir de lundi 8 heures, pour alerter sur la "perte d'attractivité" des visites à domicile.

Selon lui, si la visite médicale à domicile est un service important, il faut donc le revaloriser : actuellement "l'indemnité de déplacement est de 10 euros dans la journée et de 3,5 euros la nuit et le weekend. Comment voulez-vous inciter un médecin à aller faire des visites à domicile notamment dans les grandes villes où il y a des problèmes de circulation et de stationnement quand la différence avec la consultation est de 3,5 euros ? Cela n'intéresse plus personne", calcule-t-il.

Une visite à 56 euros au lieu de 35

Un avenant qui prévoit de rémunérer 70 euros le médecin traitant qui effectue une visite longue à un patient de 80 ans et plus en affection de longue durée (ALD), a mis le feu aux poudres. SOS médecins qui compte 63 associations fait 3 millions de visites à domicile par an, payées 35 euros en journée. Le tarif est bloqué depuis des années et SOS médecins demande une revalorisation à 56 euros.

"Lors de la crise sanitaire, les pouvoirs publics ont décidé qu'un déplacement en urgence chez une personne âgée était de 57,60 euros. On a considéré que c'était la valeur d'un acte à domicile en urgence", rappelle Serge Smadja.

"Nous pensons que la valeur de cet acte à domicile en urgence doit être applicable à chaque fois."

Serge Smadja, secrétaire général de SOS Médecins

à franceinfo

"On ne voit pas pourquoi on le considère comme pertinent à un moment et moins à une autre période", revendique-t-il.

"Si rien n'est fait, on pense que cette réponse médicale risque de disparaître", assure le Dr Serge Smadja. "On ne craint pas pour SOS Médecins, mais pour cette réponse médicale qui nous paraît, nous, évidemment essentielle quand un patient ne peut pas se déplacer, pour les personnes âgées, pour les parents isolés, dans certaines pathologies douloureuses ou encore quand on a une pathologie d'insuffisance respiratoire, des tas de situations qui rendent cette pratique importante pour ne pas dire essentielle".

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