Sommet sur le climat : il "faut prendre des engagements plus immédiats", selon un spécialiste de la géopolitique du climat

Le président américain a promis ce jeudi de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la première économie mondiale de 50% à 52% d'ici 2030 par rapport à 2005.

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Radio France
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Une centrale électrique fonctionnant au charbon en Alabama (Etats-Unis), en avril 2021 (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

Joe Biden a promis de réduire les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis entre 50 et 52% d'ici 2030 par rapport à 2005, lors du sommet virtuel et international sur le climat organisé par le 46e président américain ce jeudi 22 avril. Cet objectif de la Maison Blanche ne convainc pas François Gemenne, enseignant-chercheur en sciences politiques aux universités de Versailles et de Liège, expert associé au CERI de Sciences Po et spécialiste de la géopolitique du climat.

DIRECT >> Climat : Joe Biden promet de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis de 50% d’ici 2030

"Je voudrais qu'on puisse prendre des engagements plus immédiats", a-t-il affirmé ce jeudi sur franceinfo. "On annonce des échéances à 2030 ou à 2035, c'est-à-dire des échéances qui dépassent le terme du mandat de ceux qui ont pris ces engagements", note François Gemenne.

"Les États-Unis annoncent réduire leurs émissions de moitié d'ici 2030. Mais que se passera-t-il si c'est un président républicain qui est élu en 2024 et qui aura beau jeu de dire qu'il n'est pas lié par les engagements de son prédécesseur ?"

François Gemenne

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Le spécialiste en géopolitique du climat voudrait également "que l'on ne pense pas uniquement à ce qu'on fait à l'intérieur de ses frontières, ce qu'on peut faire chacun, mais aussi à ce qu'on peut faire ensemble avec les autres. C'est, à mon avis, le sens que doivent avoir ces réunions internationales."

François Gemenne craint que, lors de ces sommets sur le climat ne soient convoqués que les pollueurs actuels, "ce qui est évidemment important. Mais le gros enjeu, c'est aussi de ce que seront les trajectoires d'émissions des émetteurs futurs." 

"Je trouve qu'on ne se tracasse pas suffisamment de ce qui se passe en Indonésie, en Égypte, en Iran, au Brésil ou au Mexique. Et il faut bien se rendre compte que l'avenir du changement climatique va largement se jouer demain en dehors des frontières européennes."

François Gemenne

franceinfo

"Il y a 60 ans, l'Union européenne, c'était plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre, aujourd'hui, c'est environ 15%, rappelle-t-il. D'ici 2030 ou 2035, ce sera moins de 10% des émissions mondiales de l'effet de serre."

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