La pollution lumineuse empêche un tiers de l'humanité d'observer la Voie Lactée

Une carte des éclairages artificiels a été réalisée par des chercheurs et publiée dans la revue américaine ScienceAdvances. 

Observation de la Voie Lactée, le 16 avril 2013, au-dessus de la Nouvelle-Zélande. 
Observation de la Voie Lactée, le 16 avril 2013, au-dessus de la Nouvelle-Zélande.  (SARAWUT / MOMENT RF / GETTY IMAGES)
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Plus de 80% de l'humanité vit sous des cieux inondés de lumière artificielle. A tel point q'un tiers de la population de la planète ne peut jamais voir la Voie Lactée, rapporte un nouvel atlas mondial de la pollution lumineuse. Cette carte, publiée vendredi 11 juin dans la revue américaine ScienceAdvances (en anglais), va permettre d'étudier les éclairages artificiels comme un polluant avec un impact potentiel sur la santé et l'écologie, explique l'équipe internationale de recherche.

(SCIENCEADVANCES)

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Déjà en Europe occidentale, il reste seulement de rares endroits où la nuit, le ciel reste relativement peu pollué par la lumière artificielle, notamment en Écosse, en Suède, en Norvège et dans certaines parties de l'Espagne et de l'Autriche. L'atlas montre ainsi que 99% des Etats-Unis et de l'Europe occidentale vivent sous des cieux pollués par la lumière artificielle. 

De l'impossibilité d'observer la Voie Lactée

Cette mappemonde de la luminescence du ciel révèle également que certains pays connaissent des niveaux tellement élevés de pollution lumineuse, comme à Singapour, que les habitants ne connaissent jamais de vraie nuit noire. Dans ces endroits, la plus grande partie de la population vit sous des cieux tellement illuminés la nuit que leurs yeux ne peuvent pas entièrement s'adapter à une vision nocturne. 

Selon l'atlas, les pays les moins affectés par la luminosité pendant la nuit sont le Tchad, la République centrafricaine et Madagascar, où plus des trois quarts des habitants vivent dans des endroits très préservés avec des nuits vraiment noires. Les Indiens et les Allemands sont ceux qui peuvent le plus voir la Voie Lactée de leur fenêtre tandis que les Saoudiens et les Sud Coréens sont ceux qui peuvent le moins avoir cette possibilité.

Astronomes et animaux affectés

La pollution lumineuse artificielle ne représente pas seulement une gêne pour les astronomes mais altère profondément la possibilité pour le public de regarder et d'admirer la voûte céleste le soir. Même de faibles accroissements de la luminosité pendant des nuits sans lune affecte cette expérience, relèvent les scientifiques. De plus, les nuits avec une forte luminosité artificielle affectent les animaux et d'autres organismes nocturnes.

Reste que la pollution lumineuse retient relativement peu l'attention et à la différence des autres polluants, ses niveaux ne sont quasiment pas mesurés, relèvent ces scientifiques, qui avaient créé en 2001 le premier Atlas mondial de la lumière artificielle.