Aires protégées, plastique, gaspillage… Emmanuel Macron annonce des mesures pour la biodiversité après le rapport de l'ONU

Le président de la République a pris la parole sur le perron de l'Elysée après avoir reçu une délégation de scientifiques de l'IPBES, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Le président de la République, Emmanuel Macron, le 6 mai 2019 sur le perron de l\'Elysée.
Le président de la République, Emmanuel Macron, le 6 mai 2019 sur le perron de l'Elysée. (FRANCEINFO)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

"Ce qui est en jeu est la possibilité même d'avoir une Terre habitable." Emmanuel Macron a annoncé lundi 6 mai, après le rapport alarmant des experts de l'ONU sur la biodiversité (IPBES), une série d'actions pour protéger la biodiversité, dont la lutte contre le gaspillage alimentaire, la production de déchets et le plastique, ainsi qu'"un changement profond" des modes de production. "La biodiversité est un sujet aussi important que le changement climatique et nous ne pouvons gagner cette bataille qu'en œuvrant sur tous les leviers", a dit le chef de l'Etat à la sortie d'une réunion avec les experts de l'IPBES.

Franceinfo vous résume ce qu'il faut en retenir.

Une annonce concrète : l'extension des aires protégées

C'est la seule mesure concrète et nouvelle de son allocution. Emmanuel Macron a annoncé une extension des aires maritimes et terrestres protégées pour lutter contre l'artificialisation des sols, l'un des principaux facteurs de disparition des espèces. Ces aires protégées représentent aujourd'hui 21% des terres et 22% des eaux françaises. "D'ici 2022, nous porterons à 30% la part de nos aires marines et terrestres protégées, en pleine naturalité, c'est un renforcement considérable", a estimé Emmanuel Macron.

Sur le même sujet, il a expliqué vouloir "accroître la lutte" contre la réduction des terres agricoles au profit de la construction. "J'ai demandé un bilan pour se fixer des objectifs en matière de lutte contre l'artificialisation et une réhabilitation des 20 à 25% de sols agricoles dégradés par l'utilisation passée de phytosanitaires", a-t-il précisé.

Des objectifs réaffirmés sur le plastique, les pesticides et le gaspillage alimentaire

Sur le plastique, le président a fixé l'objectif de 100% de plastique recyclé d'ici 2025, une mesure déjà évoquée par la secrétaire d'Etat Brune Poirson en août 2018 et inscrite dans le pacte signé par le gouvernement avec la grande distribution en février 2019. Cet objectif figurera dans la future loi sur l'économie circulaire, qui sera présentée dans les prochaines semaines.

Emmanuel Macron a également réaffirmé l'objectif de réduire les phytosanitaires de 50% en France d'ici 2025 - but qui figure dans les plans "Ecophyto" engagés depuis 2007. Sur ce point, le président souhaite "un changement dans nos modèles de production", ce qui n'est "jamais facile car nous vivons sur un modèle de production qui n'était pas conforme à cette prise de conscience". Il a cité l'exemple du glyphosate, dont la France veut sortir d'ici 3 ans.

Le président a enfin insisté sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, au niveau notamment "des écoles, des restaurateurs et des distributeurs", sans annoncer de mesures précises.

Une revue des "aides fiscales et budgétaires"

Plus globalement, le président a annoncé une "revue des aides fiscales et budgétaires" pour les mettre en conformité avec ces objectifs. Il veut "compléter"  le plan pour la biodiversité présenté par Nicolas Hulot à l'été 2018, qui fera l'objet d'une évaluation à l'été.

Une volonté de réorienter la politique agricole commune

Le président a confirmé sa volonté de pousser les Européens à accroître leurs efforts pour la biodiversité, notamment en réorientant des financements vers des productions plus durables dans le cadre de la prochaine politique agricole commune (PAC). Au plan international, il veut faire du G7 de Biarritz en août une "étape importante de la bataille mondiale pour la biodiversité" et au niveau européen, intensifier la lutte contre le plastique et "intégrer la biodiversité aux critères de la prochaine Politique agricole commune". Il a enfin assuré qu'il ferait "tout" pour que la Convention de l'ONU sur la diversité biologique en Chine en 2020 soit "l'équivalent de la COP de Paris" ayant abouti à l'accord climat de 2015.

Des réserves sur le projet de mine d'or en Guyane

Emmanuel Macron est aussi revenu sur le projet controversé d'extraction d'or en Guyane, appelé "Montagne d'or""De manière très claire aujourd'hui, l'état de l'art du projet ne le rend pas compatible avec une ambition écologique et en matière de biodiversité, a déclaré le président. Il y aura une évaluation complète pour le prochain conseil de défense sur ce sujet et une décision formelle et définitive sera prise, en concertation avec le territoire."