Climat : le gouvernement, des entreprises et des ONG ont signé un "pacte" pour réduire les emballages plastique

Collectivement les signataires s'engagent à atteindre d'ici 2022 60% d'emballages plastique recyclés, contre 26% aujourd'hui.

Dans une usine de recyclage de plastique à Rocquancourt, dans le Calvados, en 2016. 
Dans une usine de recyclage de plastique à Rocquancourt, dans le Calvados, en 2016.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Plusieurs groupes de l'agroalimentaire et de la grande distribution ont signé jeudi 21 février un "pacte" avec le gouvernement et des ONG pour réduire la quantité d'emballages plastique, a indiqué le ministère de la Transition écologique. Parmi les signataires : Auchan, Carrefour, Casino, Coca Cola Europe, Danone, Système U, Franprix, Monoprix, Unilever, L'Oréal, Nestlé France... Ils représentent au moins la moitié du volume d'emballages plastique utilisés en France pour le conditionnement, le transport ou la protection des produits. 

60% d'emballages plastique recyclés d'ici 2022

Les entreprises s'engagent notamment à cesser de recourir au PVC dans les emballages ménagers ou industriels d'ici 2022, et à "prendre des mesures pour éliminer les autres emballages problématiques d'ici 2025", en particulier le polystyrène expansé (PSE), qui n'a pas de filière de recyclage en développement. Elles promettent d'"éco-concevoir ces produits pour les rendre réutilisables ou recyclables à 100% d'ici 2025". Collectivement, les signataires s'engagent à atteindre d'ici 2022 60% d'emballages plastique recyclés (contre 26% aujourd'hui).

L'Etat, le WWF et la Fondation Tara, agissant comme garants, seront chargés de suivre ces engagements. Un point des avancées sera réalisé tous les six mois dès 2021, et un bilan rendu public chaque année. Pour la secrétaire d'Etat Brune Poirson, qui doit présenter d'ici l'été un projet de loi sur l'économie circulaire, il s'agit "d'une étape majeure dans la lutte contre la pollution plastique". 

Un pacte jugé "insuffisant" pour des ONG

Les ONG Zero Waste et Surfrider restent néanmoins sur leur faim. Elles estiment que des mesures réglementaires contraignantes sont indispensables. "Le pacte volontaire signé jeudi apparaît insuffisant pour inverser une tendance de croissance exponentielle", soulignent les ONG, relevant que, selon les prévisions du secteur, la production de plastique mondiale devrait croître de 40% ces dix prochaines années, les emballages jetables représentant un tiers de cette augmentation. Or, le pacte "ne contient aucun objectif chiffré de réduction nette des quantités d'emballages utilisés, ce qui ne permet pas d'évaluer l'ambition réelle des entreprises signataires", arguent les associations.