Protection de l'enfance : "Un quart des jeunes SDF" ont été placés, "ça ne donne pas les résultats escomptés"

Le directeur général de la Fondation pour l'enfance regrette que les jeunes placés ne soient pas plus accompagnés, une fois leur majorité atteinte.

Un jeune sans-abri dans les rues de Lyon, en 2017.
Un jeune sans-abri dans les rues de Lyon, en 2017. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

"Le nombre d'enfants suivis augmente d'année en année - on en est maintenant à 340 000 - et le parcours des enfants dans la protection de l'enfance ne donne pas les résultats escomptés", a estimé vendredi 25 janvier, sur franceinfo, Vincent Dennery, directeur général de la Fondation pour l’enfance, après la nomination du député LREM Adrien Taquet comme secrétaire d'État à la Protection de l'enfance.

"Les parcours sont assez chaotiques, déplore-t-il. Les enfants sont placés, replacés, vont de familles d'accueil en foyers, avec des suivis pas toujours suffisants et puis dès qu'ils ont 18 ans, dans la plupart des cas, on les laisse dans la nature, ils n'ont pas terminé leurs études, le lien avec la famille d'origine est distendu et donc on a des cas de précarité très grave".

Les situations sont repérées tardivement et donc les enfants sont déjà assez cabossés au moment où la protection de l'enfance s'empare de la situationVincent Dennerysur franceinfo

Pour Vincent Dennery, "il faut accompagner au-delà de 18 ans, notamment via les contrats 'jeunes majeurs' que les départements devraient accorder à ces jeunes de façon quasi-systématique pour éviter qu'on ait quasiment un quart des jeunes SDF qui vient de la protection de l'enfance".

Et cela ne nécessite "pas forcément plus de moyens, on investit entre sept et huit milliards d'euros dans la protection de l'enfance, mais il y a besoin de prévention et d'innovation", estime-t-il. "On soutient par exemple le parrainage d'enfants, en famille ou placés, par des parrains bénévoles. Cela peut redonner une chance de se réinsérer dans des milieux sécurisants à des coûts qui ne sont pas ceux de la protection de l'enfance traditionnelle".