Cyberharcèlement : le hashtag #anti2010 est "à prendre au sérieux, internet n'est pas une zone de non-droit", insiste une association

Justine Atlan, directrice générale de l’association E-enfance et du 3018 pointe la responsabilité de l'ensemble des adultes. L'entrée en 6e coïncide souvent avec le premier smartphone "sans forcément l'accompagner de message sur comment on utilise correctement cet outil".

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Radio France
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Les enfants de 2010 victimes de cyberharcèlement depuis la rentrée 2021 (illustration). (CLAIRE LEYS / RADIO FRANCE)

Le hashtag #anti2010, qui vise les collégiens de 6e sur les réseaux sociaux "est à prendre très au sérieux", a déclaré Justine Atlan, directrice générale de l’association E-enfance et du 3018, le numéro national de lutte contre les violences numériques, vendredi 17 septembre sur franceinfo. Selon elle, il est toutefois important de "ne pas dramatiser " car "cela concerne toute une tranche d'âge, ce qui permet à tous ces 6e d'être solidaires et de ne pas se sentir visés à titre personnel". Toutefois elle a tenu à rappeler qu'internet "n'est pas une zone de non-droit" et qu'il est possible "d'agir". Concernant la vidéo du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, publiée jeudi soir sur son compte Twitter pour condamner le hashtag #anti2010 et promouvoir le #BienvenuAux2010, Justine Atlan a estimé que ce message doit également montrer aux adultes qui travaillent en milieu scolaire qu'ils doivent "protéger les élèves" et donner "des signes très forts pour montrer que certains comportements ne sont pas tolérables, ni au collège ni en ligne."

franceinfo : Est-ce-que ce hashtag repris sur les réseaux sociaux, #anti2010, est à prendre au sérieux ?

Justine Atlan : C'est à prendre très au sérieux, même s'il ne faut pas dramatiser parce que cela concerne quand même toute une tranche d'âge à l'échelle du pays. Cela permet à tous ces 6e d'être solidaires et de ne pas se sentir visés à titre personnel, ce qui est très important. C'est surtout une très bonne occasion de parler dès la rentrée de ces phénomènes de harcèlement à l'école. Et c'est une bonne chose que le ministre s'en soit saisi dès maintenant, alors que parfois, il attend le mois de novembre pour parler de cette thématique, alors qu'elle est déjà installée.

Mais est ce que le message du ministre de l'Éducation est audible pour les jeunes ?

En réalité, ce qui est important, c'est que Jean-Michel Blanquer ne s'adresse pas qu'aux jeunes. Il s'adresse à toute son administration, à tous les responsables d'établissements et de collèges sous sa tutelle. C'est important de rappeler qu'à l'école, les enfants sont confiés à des adultes qui les encadrent, qui doivent les protéger et faire en sorte qu'ils soient dans un cadre serein d'apprentissage et non pas harcelés. Ce sont d'abord les adultes qui doivent dire bienvenu aux 6e, faire en sorte qu'ils soient bien accueillis, sereinement. C'est aux adultes de donner des signes très forts pour montrer que certains comportements ne sont pas tolérables, ni au collège ni en ligne. L'enfant n'a pas conscience tout seul, intuitivement, des règles.Il faut que des adultes les transmettent et les portent.

Mais ne faut-il pas aussi davantage sensibiliser les jeunes à ces questions de cyberharcèlement ? Le 3018, le numéro national de lutte contre les violences numériques, que vous avez mis en place, est-il connu d'eux ?

Il n'est pas assez connu. On a fait une grande campagne et la communication va se faire tout au long de l'année pour faire connaître le fait qu'on peut agir en ligne, que ce n'est pas une zone de non-droit. Nous avons des accords privilégiés avec les réseaux sociaux qui font disparaître en une heure, pour certains, les contenus qu'on peut leur signaler pour des faits de harcèlement ou de violences en ligne. Nous avons un canal prioritaire. On incite donc vraiment les jeunes à l'utiliser au maximum. Et les parents aussi : l'entrée en 6e coïncide souvent avec le moment où les parents offrent à leur enfant leur premier smartphone, sans forcément l'accompagner de message sur comment on utilise correctement cet outil qui va essentiellement servir à aller sur les réseaux sociaux.

Le numéro national pour les jeunes victimes de violences numériques. (3018 / E-ENFANCE)

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