Au CHU de Rouen (Seine-Maritime), une adolescente de 14 ans est hospitalisée pour la deuxième fois cette année. Elle souffre de troubles alimentaires depuis le premier confinement. "C'est à ce moment-là que j'ai commencé à me restreindre, à faire des régimes, alors qu'avant tout allait bien. On se retrouve seule face à soi-même, on voit moins ses amis, on ne va plus à l'école, on ne fait plus grand chose", explique l'adolescente. À un âge où la sensibilité est exacerbée, difficile de rebondir sans perspective positive. La psychiatrie réclame des moyens Les aider à avancer malgré un avenir incertain reste un défi inédit pour les soignants. "C'est plus compliqué de pouvoir nous-même les aider à se projeter, mais on le fait, ce sont les forces de vie à venir les adolescents", explique Delphine Cezarine, infirmière. Les hospitalisations ont doublé depuis l'automne dernier. La psychiatrie réclame des moyens pour sauver cette génération sans horizon.