Pollution des mégots de cigarette : le gouvernement pourrait faire payer les fabricants

La secrétaire d'État à la Transition écologique reçoit jeudi les industriels du tabac et attend d'eux des propositions pour lutter contre la pollution des mégots. Plusieurs pistes sont à l'étude mais les firmes ne souhaitent pas de nouvelle taxe. 

Les mégots de cigarettes mettent plus de 10 ans à se dégrader dans la nature, sans compter les produits toxiques qu\'ils contiennent.
Les mégots de cigarettes mettent plus de 10 ans à se dégrader dans la nature, sans compter les produits toxiques qu'ils contiennent. (FRED TANNEAU / AFP)

Et si les fabricants de cigarettes payaient pour la pollution due aux mégots jetés par terre ? La secrétaire d'État à la Transition écologique, Brune Poirson, reçoit jeudi 14 juin les industriels du tabac. Elle souhaite connaitre leurs propositions pour lutter contre la pollution des mégots, mais les industriels ne souhaitent pas de nouvelle taxe pour financer une filière de recyclage.

La pollution due aux mégots de cigarette est pourtant un véritable fléau environnemental : un mégot jeté dans le caniveau peut sembler peu de choses, mais chaque année, en France, ils sont 30 milliards à finir ailleurs que dans un cendrier.

Un mégot met plus de 10 ans pour se décomposer

Les mégots jetés, c'est potentiellement autant de polonium 210, d'acétone, de benzopyrène et autres matières ultra polluantes qui composent surtout les filtres qui se retrouvent dans nos rivières et dans la mer. Un mégot va mettre plus de 10 ans à se décomposer. Agglomérés par centaines dans nos égouts, ils forment des masses très compactes qui peuvent boucher les tuyaux et qui sont une plaie pour les gestionnaires de réseau d'assainissement.

La mairie de Paris estime qu'elle ramasse 350 tonnes de mégots de cigarettes par an et que gérer leur ramassage est un casse-tête pour ses agents de propreté. Comme beaucoup de collectivités, c'est un coût croissant depuis l'interdiction de fumer dans les lieux publics.

Nouvelle taxe ou cendrier de poche ?

Pour Brune Poirson, ce fléau ne doit pas rester sans une participation des fabricants de tabac, pourquoi pas sur le système de la responsabilité élargie des producteurs, comme pour le recyclage des emballages. Mais pour British American Tobacco, il n'est pas question d'une nouvelle taxe pour financer ce genre de filière. La compagnie penche pour la distribution de cendriers de poche ou le financement d'associations environnementales.