Fumer affecte le placenta des femmes enceintes, même après l'arrêt du tabac, selon une étude

Les altérations sur le génome du placenta sont moins nombreuses mais malgré tout présentes chez les femmes qui ont arrêté la cigarette dans les trois mois avant la grossesse. 

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France Télévisions
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Une femme enceinte écrase sa cigarette, le 23 février 2017.  (SIGRID OLSSON / ALTOPRESS / AFP)

Fumer peut nuire à vos futurs enfants. La consommation de tabac, même lorsqu'elle est stoppée avant la grossesse, peut avoir des conséquences sur le placenta de la femme enceinte, montre une étude française publiée mercredi 7 octobre.

Des chercheurs de l'Inserm, du CNRS et de l'université de Grenoble Alpes (UGA) ont étudié l'ADN du placenta de 568 femmes réparties en trois catégories : les non-fumeuses, celles ayant arrêté de fumer dans les trois mois précédant la grossesse, et celles ayant continué à fumer avant et pendant leur grossesse. Chez les fumeuses, les scientifiques ont observé des altérations dites "épigénétiques" dans 178 régions du génome placentaire (la séquence d'ADN n'est pas modifiée, mais la façon dont les gènes s'expriment peut être affectée).

Chez les anciennes fumeuses, ces altérations sont bien moins nombreuses mais ont malgré tout été retrouvées dans 26 régions, montre l'article publié dans la revue BMC Medicine. Le placenta conserverait donc la "mémoire" de l'exposition au tabac des femmes avant leur grossesse, expliquent l'Inserm, le CNRS et l'UGA dans un communiqué accompagnant l'étude.

Conséquences sur le développement du fœtus 

Il a été montré que la consommation de tabac pendant la grossesse avait de nombreuses conséquences néfastes sur la santé de la mère et de l'enfant, mais "les mécanismes en jeu sont encore mal connus". On sait par ailleurs que le placenta, vulnérable à de nombreux composés chimiques, joue un rôle crucial dans le développement du fœtus.

Dans l'étude, les chercheurs ont constaté que les régions altérées correspondaient le plus souvent à des zones qui contrôlent à distance l'activation ou la répression de gènes. De plus, une partie d'entre elles étaient situées sur des gènes connus pour avoir un rôle important dans le développement du fœtus. Aussi, Johanna Lepeule, chercheuse à l'Inserm qui a dirigé ces travaux, fait l'hypothèse que les modifications épigénétiques observées "pourraient en partie expliquer les effets du tabagisme observés sur le fœtus et la santé ultérieure de l'enfant".

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