Contribution des cigarettiers pour ramasser les mégots : "Il était temps que ça bouge", salue le fondateur de la société Mégo

Plus de 23 milliards de mégots sont jetés par terre chaque année sur le territoire français.

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Radio France
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Des mégots de cigarettes à Paris, le 29 mai 2021. (DELPHINE LEFEBVRE / HANS LUCAS / AFP)

Environ 80 millions d'euros par an vont être alloués aux collectivités pour ramasser les plus de 23 milliards de mégots de cigarettes jetés au sol chaque année en France, a annoncé mardi le ministère de l'Environnement. Cette contribution sera en partie payée par les fabricants de cigarettes, par le biais d'un éco-organisme. "Il était temps que ça bouge", a salué ce mercredi sur franceinfo Bastien Lucas, fondateur et directeur de la société Mégo.

franceinfo : Est-ce que vous saluez la création de cet éco-organisme pour les cigarettiers ?

Bastien Lucas : Oui, car il y a tout à faire sur ce sujet du mégot. C'est un déchet qui pollue l'eau, qui pollue les sols, qui n'a rien à faire par terre. Et il y a donc un grand chemin à parcourir pour y arriver. Les communes ont besoin d'aide, ont besoin d'un accompagnement financier pour amener le fumeur au cendrier et pourquoi pas, apporter une plus-value à ce déchet polluant. Les molécules présentes dans le mégot, dont la nicotine, se diluent au contact de l'eau. Donc, une fois que le mégot est par terre, la pollution a déjà eu lieu, il est quasiment trop tard, malheureusement, d'aller le collecter. Il faut le collecter, il faut recycler ce filtre qui est un déchet plastique et il faut lui donner une seconde vie. Mais malgré tout, un mégot n'a rien à faire par terre. Donc, effectivement, les villes ont besoin d'un accompagnement.

"Amener le fumeur au cendrier et recycler ses déchets, ça a une vraie plus-value."

Bastien Lucas

à franceinfo

Cette éco-contribution ne va pas forcément prendre en charge justement le recyclage. Est-ce que vous le regrettez ?

Oui. D'une part, le recyclage a un effet de levier considérable sur les comportements des fumeurs. Mais en plus, nous avons pu démontrer au public que recycler un kilo de mégots a une compensation carbone beaucoup plus bénéfique que de l'incinérer. Donc, effectivement, nous le regrettons, mais nous sommes sûrs que l'éco-organisme, dans les mois et les années à venir, va prendre en compte tous ces aspects-là pour faire ce qu'on appelle de l'amélioration continue.

Prendre ses responsabilités quand on est fabricant de cigarettes, c'est bien. Mais les fumeurs ne doivent-ils pas aussi prendre leurs responsabilités en ne jetant plus les mégots n'importe où ?

Vous avez totalement raison et on le connaît bien : le fumeur a cette fâcheuse tendance, une fois la cigarette fumée, à trouver des excuses pour jeter sa cigarette par terre. Les cendriers de poche existent, tout comme des cendriers didactiques pour les collecter et de recycler existent. Il était temps que ça bouge parce qu'il s'agissait de l'un des derniers déchets que l'on jette constamment par terre où il n'y avait pas d'éco-organisme.

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