VIDEO. La cigarette électronique divise les médecins

Alors qu'une étude révèle que les e-cigarettes "ne sont pas aussi inoffensives" que le disent leurs fabricants, France 2 a demandé leurs avis à deux experts médicaux.

FRANCE 2 - JIHANE BENZINA ET ERIC DELAGNEAU

Pour l'un, elle facilite l'arrêt du tabac. Pour l'autre, elle risque d'inciter les jeunes à fumer. La cigarette électronique divise ces deux médecins, spécialistes du tabagisme, interrogés par France 2, lundi 26 août, alors qu'une étude du magazine 60 millions de consommateurs révèle que les e-cigarettes "ne sont pas aussi inoffensives" que le disent leurs fabricants et "peuvent émettre des composés potentiellement cancérogènes".

La cigarette électronique "permet aux gens d'aborder facilement le sevrage tabagique ou la diminution de consommation", assure le professeur Michel Reynaud, chef du service d'addictologie de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne). De plus, elle "diminue les effets de la fumée du tabac, particulièrement nocive pour les bronches et les poumons".

"Les jeunes peuvent devenir dépendants" avec ce produit

Son confrère, le professeur Michel-Henri Delcroix, responsable du programme "maternité sans tabac" à Lille (Nord), lance pour sa part un avertissement. "Les jeunes peuvent commencer à devenir dépendants à la nicotine par la cigarette électronique" car, souligne-t-il, "quand vous voyez quelqu'un vapoter, vous avez l'impression qu'il fume".

Alors que le tabac est responsable de 73 000 morts par an en France, les deux médecins s'entendent sur un point : pour arrêter de fumer, mieux vaut se faire aider. La cigarette électronique, elle, suscite l'engouement : plus d'un million de Français en seraient adeptes.

Un homme présente une cigarette électronique et sa recharge dans un magasin de Toulouse (Haute-Garonne).
Un homme présente une cigarette électronique et sa recharge dans un magasin de Toulouse (Haute-Garonne). ( MAXPPP)