Hausse de la consommation de cigarettes électroniques : "On peut être dépendant d'une vapoteuse", souligne la Fédération française d’addictologie

L'usage de la cigarette électronique a triplé en cinq ans chez les adolescents âgés de 17 ans. Pour Amine Benyamina, président de la Fédération française d’addictologie, les consommateurs "doivent être accompagnés dans l'arrêt du vapotage."
Article rédigé par France Info
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Une femme fume avec une cigarette électronique, le 7 février 2022. (SILAS STEIN / DPA)

Alors que le tabagisme en France recule chez les jeunes, mais que l'usage de la cigarette électronique lui augmente, le président de la Fédération française d’addictologie rappelle qu'on "peut être dépendant d'une vapoteuse". Amine Benyamina était l'invité de franceinfo jeudi 9 mars, quelques heures après la publication de la dernière étude de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

>>> La consommation d'alcool et de tabac a baissé chez les jeunes de 17 ans entre 2021 et 2022

L'enquête de l'OFDT montre qu'en 2022, 15,6% des adolescents de 17 ans consomment quotidiennement du tabac (au moins une cigarette par jour), contre 25,1% cinq ans plus tôt. Dans le même temps, la consommation de la cigarette électronique a augmenté entre 2017 et 2022 : les jeunes de 17 ans sont 6,2% à vapoter régulièrement en 2022, contre 1,9% en 2017.

franceinfo : Certains utilisateurs affirment utiliser la cigarette électronique parce qu'il n'y a pas de "conséquences" derrière. En est-on sûr ?

Amine Benyamina : On n'a pas les effets de l'inflammation des vapeurs, on n'a pas les produits de coupage, on n'a pas de goudron, etc. Mais quand bien même, on peut, hélas, se retrouver être dépendant d'une vapoteuse. La jeunesse, comme les moins jeunes, doivent être accompagnés dans l'arrêt du vapotage. On a la même chose avec les gommes. On a des personnes qui depuis des années mâchouillent des gommes.

L'enquête de l'OFDT observe qu'il y a moins d'alcool, moins de cannabis, moins de cigarettes "classiques" à l'entrée des lycées. C'est une mode ou une conséquence des campagnes de prévention ?

Il y a une mode parce qu'il y a un côté ringard maintenant de consommer les choses de cette manière.

L'image a changé ?

L'image a changé, mais attention ! Les chiffres montrent que quand on ne consomme pas presque tous les jours, que l'on veut consommer en une occasion, on le fait jusqu'à l'ivresse. C'est toujours pareil, il faut regarder les chiffres avec une certaine nuance. 

"Je ne dis pas que cette baisse n'est pas bien, mais la France, qui observe donc une baisse de la consommation de cannabis chez les jeunes, reste le deuxième pays le plus gros consommateur de cannabis en Europe."

Amine Benyamina, président de la fédération française d'addictologie

à franceinfo

Ce qui est intéressant, parce qu'on parle du tabac, du cannabis et de l'alcool qui constituent des marqueurs d'évaluation régulière et de mesure, c'est qu'on ne parle pas des nouveaux produits sur lesquels, il faut être très vigilant : les drogues de synthèse, le protoxyde d'azote... tout ce qui arrive et qui est pour l'instant assez confidentiel.

Que pensez-vous de l'utilité de la cigarette électronique ?

C'est un formidable outil de réduction des risques. Il a montré que certaines personnes qui n'avaient pas la capacité d'arrêter de tirer sur la clope se sont rabattues sur ça. Et grâce à ce dispositif, elles ont réussi à s'en sortir. Or, on se rend compte que maintenant, il y a un phénomène de marketing qui peut parfois cibler les jeunes et sur lequel il faut peut-être commencer à réfléchir.

Le phénomène de marketing agressif visant la jeunesse sur les vapoteuses s'est accentué ?

Oui, évidemment. C'est le phénomène des drogues. Lorsqu'on "markette", qu'on rend tendance un produit, il y a un phénomène de généralisation sur lequel il faut tout de suite mettre en place une réplique.

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