Coffee shop : "Nous ne sommes pas des bandits ni des trafiquants, nous sommes juste des commerçants et on s'adaptera aux lois"

La ministre de la santé Agnès Buzyn a annoncé dimanche vouloir fermer les coffee shop en France, ces boutiques qui vendent des dérivés de cannabis. L'une d'elles a ouvert à Paris le 5 juin et connait un succès retentissant.

Des personnes font la queue devant un coffee shop, à Paris, le 11 juin 2018.
Des personnes font la queue devant un coffee shop, à Paris, le 11 juin 2018. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

La ministre de la santé Agnès Buzyn a annoncé dimanche 17 juin sur RTL vouloir fermer les coffee shop en France. Ces boutiques vendent des dérivés de cannabis . Parmi elles, une a ouvert à Paris le 5 juin et connait un succès retentissant. On y trouve des produits contenant du CBD, du cannabidiol, un dérivé du cannabis. Pour la ministre, ces produits jouent sur une zone grise de la législation.

Car même si la loi interdit toute vente de cannabis à usage récréatif, elle autorise l'utilisation du chanvre, à condition qu'il contienne moins de 0.2% de THC, la substance active du cannabis. Les gérants de coffee shop estiment donc qu'ils respectent la loi tant qu'ils restent sous ce seuil. Un argument contesté par Agnès Buzyn.

"Dans tous les cas, on suivra les lois"

Joaquim Lousquy est salarié du premier coffee shop parisien : "Dans tous les cas on suivra les lois, on suivra le gouvernement. On a voulu médiatiser l'histoire pour avoir un cadre légal. On a envie de faire les choses bien, si c'est illégal, on fermera boutique le lendemain, il n'y a aucun souci."

Et le salarié de poursuivre : "La législation est telle qu'elle est, je ne fais aucun reproche au gouvernement, pour l'instant vendre des produits en-dessous de 0,2% de THC c'est légal. Nous quand on achète nos produits à des fabricants qui sont sérieux, ils nous fournissent à chaque fois les certificats émanant de laboratoires qui attestent que nos produits sont en-dessous de 0,2% de THC avec aucun effet psychotrope. Pour le reste, je ne suis pas médecin, je ne suis pas pharmacien, nous ne vendons pas notre produit sous un jour favorable, je n'incite personne à fumer ni même à venir acheter mon produit."

Nous ne sommes pas des bandits, nous ne sommes pas des trafiquants, nous sommes juste des commerçants et on s'adaptera aux lois, quoi qu'il en soit.Joaquim Lousquy, salarié d'un coffee shop parisienà franceinfo

Joaquim Lousquy le répète, il "ne blâme pas le gouvernement" et ajoute : "Ça leur fait peut-être peur effectivement, après c'est justifié, et puis nous on vend un produit avec 20% de TVA, je pense que c'est un bon point et on souhaite faire avancer les choses dans ce sens, que le gouvernement nous pose un cadre. Même si demain il veut nous taxer notre produit à 50%, il n'y a pas de souci, s'il veut nous fermer, on fermera."

Selon France 3, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire le 11 juin concernant la boutique parisienne "Cofyshop" où travaille Joaquim Lousquy, pour vérifier si elle respecte bien la législation.