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Loi sur l'accès aux soins : "Il faut trouver de nouvelles manières de faire coopérer les uns et les autres sur les territoires", explique le député Frédéric Valletoux

L'ambition de la proposition de loi de Frédéric Valletoux débattue par les députés à partir de ce lundi est de permettre une offre de soins pour tous malgré la diminution croissante de médecins.
Article rédigé par franceinfo
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Frédéric Valletoux député (Horizon) de Seine-et-Marne et rapporteur de la proposition de loi sur l’accès aux soins, invité de franceinfo lundi 12 juin. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Il faut trouver de nouvelles manières de faire coopérer les uns et les autres sur les territoires", a défendu Frédéric Valletoux, député (Horizon) de Seine-et-Marne et rapporteur de la proposition de loi sur l’accès aux soins débattue à l'Assemblée nationale. Plus de 10 millions de Français n'ont pas de médecin traitant et rencontrent des difficultés pour se soigner.

"On sait que dans les cinq, voire dix prochaines années prochaines, il y aura plus de médecins qui vont quitter la profession (ne serait-ce que pour des raisons liées à la retraite), que de jeunes professionnels qui vont s'installer. C’est cette tension démographique qu'il faut essayer d'arriver à surmonter en trouvant de nouvelles manières de faire coopérer les uns et les autres sur les territoires", a expliqué le député de la majorité. D’autant plus que les dix prochaines années "vont être encore plus difficiles" pour l’accès aux soins, prévient-il.

Davantage de gardes, mais pas de contraintes à l'installation

Frédéric Valletoux souhaite que les médecins des cliniques privées participent davantage aux gardes la nuit et le week-end. "87 % de la permanence des soins est portée par l'hôpital, 13 % par le privé. Je ne dis pas que le privé ne fait rien, mais il faut rééquilibrer entre public et privé", a-t-il estimé. Mais pour David Taupenot, médecin généraliste à Clamecy dans la Nièvre, dont le département est l'un des plus touchés par les déserts médicaux, "on ne verra pas l'impact de ces mesures-là sur notre quotidien". Et cela, parce que, rappelle ce responsable du syndicat MG France pour la Nièvre, le département "n'a pas de cliniques (...), la plus proche est à Auxerre" dans l'Yonne.

Faut-il revenir à une obligation des gardes des médecins de ville alors que seulement 40 % des professionnels y participent ? Il faut "monter ce chiffre de 40 %", mais "on restera sur la base du volontariat", répond le député. "La coercition crée de la crispation. Cette réforme, comme toutes les réformes de la santé, ne réussira que si on arrive à emmener les professionnels avec nous", explique-t-il.

Des députés ont déposé un amendement pour limiter la liberté d'installation des médecins. Dans les zones les mieux pourvues, un médecin ne pourrait s'installer que s'il remplace un confrère qui déménage ou qui part à la retraite. "J'y serai favorable, le jour où on aura effectivement des effectifs de soignants importants à installer sur le territoire. Répartir différemment le peu de force médicale que nous avons, ne rendra aucun territoire riche en médecins", a-t-il expliqué. Et le responsable du syndicat MG France dans la Nièvre d'exprimer son opposition à une telle mesure : les députés "ne prennent pas en compte la situation personnelle et familiale des médecins concernés par ces mesures". David Taupenot affirme qu'il n'est "pas pour la coercition". 

Le gouvernement a supprimé le numerus clausus qui limitait les places en école de médecine, mais il faudra attendre des années avant que les futurs médecins ne s'installent dans les cabinets. "En attendant, on trouve d’autres manières de travailler", avance Frédéric Valletoux qui souhaite "avec les professionnels, avec les médecins" inventer "un système pour mieux répartir cette charge de travail". Il reste confiant pour l’avenir : "On saura trouver des solutions, ne pas tomber dans les erreurs du passé."

David Taupenot du syndicat MG France dans la Nièvre dit de son côté avoir d'abord besoin "de ne pas être tendu par la situation, d'avoir une qualité de vie personnelle que l'on peut comprendre. Ce n'est pas propre à la médecine que d'avoir des revendications d'une qualité de vie personnelle qui soit prise en compte". 

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