Plan santé : trois questions sur la suppression du numerus clausus annoncée par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a confirmé la suppression du concours à la fin de la première année de médecine. L'objectif est de mettre fin à un système qualifié d'"absurde" par le président, et de diversifier le profil des futurs médecins.

Des étudiants en première année de médecine dans l\'amphithéâtre d\'une faculté de médecine parisienne, le 12 septembre 2018.
Des étudiants en première année de médecine dans l'amphithéâtre d'une faculté de médecine parisienne, le 12 septembre 2018. (MAXPPP)

Une petite révolution pour les étudiants en médecine. Lors de la présentation du plan santé, mardi 18 septembre, Emmanuel Macron a confirmé la fin du numerus clausus. A travers un concours sélectif, ce système limite le nombre d'étudiants admis en deuxième année dans les filières de médecine, de maïeutique (pour devenir sage-femme), de pharmacie et de chirurgie dentaire, pour "former plus de médecins". Voici les principaux éléments de cette réforme.

Quel est l'objectif de la suppression du numerus clausus ?

Selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn, il s'agit d'abord de mettre fin au "gâchis" et à "la souffrance" des étudiants qui affrontent la première année de médecine. "Chaque année, 25 000 étudiants, du jour au lendemain, passent d'excellents lycéens à celui ou celle qui échoue pour la première, la deuxième ou la troisième fois à la première année", a expliqué Emmanuel Macron. Comme le montre le film Première Année (réalisé par Thomas Litli), actuellement en salles, ce concours est très difficile et sélectif. Sur 60 000 inscrits l'an dernier, plus des trois-quarts ont échoué.  

Emmanuel Macron souhaite donc mettre fin à cette "absurdité". Mais la réforme vise aussi à "être sûrs qu'on forme bien et suffisamment de médecins", ajoute le président de la République. Concrètement, il s'agit de diversifier les profils et de "renforcer la dimension qualitative et le niveau de formation des études de santé", a précisé le chef de l'Etat. Les futurs médecins ne seront donc plus jugés sur leur seule capacité à bien répondre à un QCM (questionnaire à choix multiples).

Comment se passera l'entrée en médecine ?

Les étudiants qui souhaitent rejoindre des études de médecine après quelques années passées dans d'autres filières universitaires doivent, aujourd'hui, s'inscrire en première année de médecine et "repasser par les fourches caudines du bachotage et des concours", a constaté Emmanuel Macron. Désormais, il a annoncé que "tous les étudiants inscrits en licence, quelle que soit leur spécialité, pourront rejoindre en 2e, 3e ou 4e année le cursus de médecine".

Ce parcours de formation restera sélectif, mais sera plus ouvert, plus vivant.Emmanuel Macron

Agnès Buzyn a ainsi souhaité sur BFMTV que la filière médecine s'ouvre à d'autres profils comme des ingénieurs ou des étudiants en biologie, en sociologie, en philosophie et en psychologie. "Ils rentreront en deuxième et troisième année sur examen et sur la qualité de leur dossier", a expliqué la ministre de la Santé. Les études de médecine resteront donc sélectives, assure le gouvernement. "Comme dans toutes les filières, des examens sanctionneront le passage en deuxième année puis en troisième", a détaillé Agnès Buzyn dans Le Parisien"Les examens resteront sélectifs, tout le monde ne pourra pas devenir médecin, il faudra un certain niveau de compétence", ajoute la ministre sur BFMTV.

Quand entrera en vigueur la réforme ?

"Dès la rentrée 2020, il n'y aura plus de concours à la fin de la première année", a annoncé Emmanuel Macron. Il a toutefois appelé à ne pas se "leurrer sur l'efficacité immédiate d'un tel dispositif". "Nous subissons aujourd'hui les conséquences de décisions prises il y a plusieurs décennies. Nos décisions sur le numerus clausus auront un impact symétriquement dans dix à quinze ans", a-t-il évalué.