Débat autour de la GPA : "On ne fait pas un enfant seulement avec des gènes"

Après la parution le 16 janvier dernier d'une tribune favorable à la gestation pour autrui dans Le Monde, 44 personnalités dénoncent aujourd'hui cette pratique dans une nouvelle tribune.

Débat autour de la GPA : \"On ne fait pas un enfant seulement avec des gènes\"
Débat autour de la GPA : "On ne fait pas un enfant seulement avec des gènes"

En réaction à la tribune du "Monde" du 16 janvier dernier favorable à la gestation pour autrui, plusieurs personnalités comme René Frydman, Sylviane Agacinski ou encore Didier Sicard, se prononcent contre cette technique.

Résister à un marché total

Les signataires disent non à ce qui est pour eux plus qu'une technique mais une "pratique sociale qui consiste à louer la vie d’une femme, jour et nuit, pendant neuf mois" qui "fait partie d'un marché procréatif mondialisé en pleine expansion". Un marché car, à leurs yeux, la GPA inclut nécessairement  "la vente du sperme et des ovocytes", des intérêts financiers pour "des agences de "mères porteuses", cliniques, médecins, et avocats". Il en est de même pour l'enfant "dont la personne et la filiation maternelle sont cédées à ses commanditaires" puisqu'on convient à l’avance "du prix du « service » rendu par la mère et donc du prix de l’enfant à naître".

Une façon de falsifier la filiation maternelle de l’enfant

Autre argument de ces signataires, la GPA revient, selon eux, à "falsifier la filiation maternelle de l’enfant en substituant une mère « intentionnelle » à sa mère de naissance »". Ils insistent en effet sur le fait que « celle qui accouche est bien la mère biologique, même lorsque l’enfant n’hérite pas de ses gènes, car un embryon n’a aucune chance de devenir un enfant sans un corps féminin qui lui assure son lent développement biologique » avant de fustiger la GPA par « on ne fait pas un enfant seulement avec des gènes ».

Dans la tribune en faveur de la GPA publiée le 16 janvier dernier, les 101 signataires réclamaient notamment la « transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents ». En effet, seule la filiation paternelle est reconnue en France, situation qu'ils considèrent comme « ingérable pour les enfants nés d’une GPA ». Pour les signataires de la nouvelle tribune contre la GPA, la situation n'a rien d'ingérable. Selon eux, l'état civil de l'enfant ne pose pas de problème particulier. Ces derniers ont des papiers, ceux "délivrés par les autres pays" et "si l’un de leurs parents est français, ils obtiennent un certificat de nationalité".

Ces échanges par tribunes interposées dans Le Monde sont représentatifs du désaccord qui divise la population française autour de la GPA. En effet, selon un sondage IFOP du 24 juin 2017, 59% sont favorables à ce que l’on autorise en France le recours à une mère porteuse dans un cadre réglementé pour des couples hétérosexuels contre 41% qui y sont opposés. Concernant les couples homosexuels, le rapport s'inverse avec 56 % de français qui sont contre. Ce qui est certain c'est que les Etats Généraux de la bioéthique ont à peine débuté que les débats sur cette épineuse question sont déjà bien entamés.