Covid-19 : depuis les confinements, le nombre de Français obèses ou en surpoids a nettement augmenté

Depuis la crise sanitaire et les confinements successifs, le nombre de Français en surpoids et obèses a fortement augmenté. Un phénomène déjà en hausse avant le Covid-19 et qui, selon l’OMS, est responsable de plus de 1,2 million de morts par an en Europe.

Article rédigé par
Thibault Delmarle - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Selon l’OMS, l'obésité est responsable de plus de 1,2 million morts par an en Europe (illustration). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

La sédentarité obligatoire pendant le Covid-19 a fait prendre beaucoup de poids à de nombreux Français et en a fait reprendre à ceux qui étaient sortis de l'obésité. C’est le cas de Christelle, une habitante de Seine-et-Marne, qui avait déjà subi une opération de réduction de l'estomac en 2016, bien avant la crise du Covid-19.

Elle pensait en avoir terminé avec ses problèmes de poids mais pendant le confinement, cette employée de banque s'est retrouvée comme tout le monde, bloquée chez elle. "Quand je me suis retrouvée confinée, seule avec moi-même, j’étais toute seule avec la nourriture. Je n’avais plus d’heures, de rythme. Je mangeais de tout, des grandes quantités", témoigne-t-elle. Et même une fois déconfinée, Christelle a gardé cette habitude de manger plus qu'avant.   

"Il y a eu un engouement à l’été 2020. On était tous contents de se retrouver, c’était barbecue et festivités. Du coup, on mange."

Christelle, 40 ans

à franceinfo

"Le plaisir gustatif était là, tout le monde préparait à manger et on s’est tous reçus les uns les autres", poursuit Christelle. Et quelques mois après, la jeune femme se retrouve dans la même situation qu'avant son opération. "Il m’est arrivé que j’ai eu mes 40 ans en décembre 2020 et je me suis rendue compte que les vêtements que je voulais mettre pour ma soirée d‘anniversaire, je ne rentrais pas du tout dedans", confie-t-elle dépitée. Elle avait repris les 20 kilos qu'elle avait perdus.

Le télétravail en cause

Le télétravail massif pour une grande partie des salariés a favorisé ce phénomène et cette hausse de l'obésité, explique le docteur Géraldine Scurnik qui l'a constaté dans la clinique Ramsay Santé à Paris. "Des patients parfois ne s’autorisent pas à faire des pauses et à se dire : voilà, ma journée de travail est terminée. Ils décrivent des repas parfois pris extrêmement rapidement où ils ne prennent pas le temps d’avoir des choses cuisinées, des légumes, des fruits."

"Des patients racontent qu’ils mangent 'ce qui traîne' devant l’ordinateur."

Dr Géraldine Scurnik

à franceinfo

Le télétravail a pour autre conséquence le manque d'exercice. "On a perdu ce mouvement qu’on faisait pour aller travailler et pour revenir du travail, explique Géraldine Scurnik. Ce n’est pas vraiment de l’activité physique mais ça engendre une dépense énergétique qui représente environ 10% à 20% de ce l’on dépense complètement sur une journée. Et ce n’est pas anodin de retirer de façon quotidienne 10% des dépenses énergétiques."   

Si le télétravail est de moins en moins la norme, les habitudes prises sont difficiles à perdre. Les chiffres sont préoccupants : un quart des adultes européens est obèse, un état jugé responsable de 200 000 nouveaux cancers par an et de 13% des décès en Europe. Et l’OMS prévoit que le nombre de personne obèses ou en surpoids va continuer à augmenter dans les prochaines années.

Covid-19 et obésité : reportage de Thibault Delmarle
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