Témoignage "Je trouve ça totalement injuste" : le désarroi des patients atteints d'un cancer face aux inégalités d'accès aux soins

Pour la journée mondiale de lutte contre le cancer, la Ligue contre le Cancer publie une étude avec BVA Xsight qui dénonce les conditions d'accès aux soins et ses inégalités.
Article rédigé par Anne-Laure Dagnet
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Tous cancers confondus, l'étude montre un retard cumulé de deux semaines en moyenne entre l’examen diagnostic de dépistage et le début des traitements. Image d'illustration. (MICHAEL DESPREZ / MAXPPP)

Le délai entre la mammographie qui détecte un cancer du sein et le démarrage du traitement est passé d'un peu plus de 9 semaines à 11 semaines et demie en quelques années : c'est le double de ce qui est recommandé par la Haute autorité de santé (HAS). Une étude BVA Xsight pour la Ligue contre le Cancer publiée début février montre que, face au nombre de cancers qui augmentent, les délais pour accéder à un traitement s'allongent, ce qui complique l'accès aux soins. 

Les malades ont de plus en plus de mal à décrocher un rendez-vous et à le conserver, mais aussi à obtenir leurs traitements. Tous cancers confondus, l'étude montre un retard cumulé de deux semaines en moyenne entre l’examen diagnostic de dépistage et le début des traitements. Même chose pour le parcours de soins : sa durée s'est, elle aussi, considérablement allongée, avec six semaines supplémentaires en moyenne.

Les pénuries de médicaments et les restes à charge trop importants

Les pénuries de certains médicaments jouent aussi sur l'allongement de cette durée. 37% des Français ont été confrontés à ce problème, en particulier à Paris et dans des hôpitaux publics, ce qui peut parfois aggraver les symptômes voire le cancer en lui-même. Surtout, ce sont presque toujours les médicaments destinés à traiter les complications ou effets secondaires des cancers qui arrivent en tête de liste des pénuries, suivies par d'autres médicaments utilisés pendant le parcours de soins, comme les curares et les chimiothérapies.

Toutes ces difficultés pénalisent ceux dont les revenus ne dépassent pas 1 500 euros par mois et qui ont du mal à être bien accompagnés, car le reste à charge est lourd à supporter. Après un cancer du sein, Aurélie doit suivre pendant cinq ans une hormonothérapie qui lui coûte cher : "L'hormonothérapie provoque aussi des effets secondaires, comme des bouffées de chaleur, des soucis gynécologiques, et pour ça, on a besoin de traitements qui ne sont pas tous remboursés."

"Je dépense environ 180 euros par mois de traitement pour les effets secondaires, je trouve ça totalement injuste ! C'est ce qui est le plus difficile pour moi."

Aurélie, patiente atteinte d'un cancer du sein

à franceinfo

Un tiers des malades interrogés déclare un reste à charge, de 1 000 euros en moyenne. L'étude BVA Xsight pointe aussi des inégalités de genre dans la qualité des parcours de soins : les femmes et les personnes racisées seraient moins bien prises en charge. Le lieu de prise en charge joue aussi, puisque 50% des patients originaires des DROM-COM (les territoires d'Outre-mer) ont rencontré une ou plusieurs difficultés durant leur parcours de soins.

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