Reportage "Être capable de déterminer le meilleur traitement pour chaque patiente" : visite au cœur du tout nouvel institut dédié aux cancers féminins

Des chercheurs de divers domaines vont mettre leurs compétences en commun pour mieux comprendre, mieux prévenir et mieux guérir ces types de cancers, avec des techniques de pointe et des approches nouvelles.
Article rédigé par franceinfo
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Stéphanie Descroix, chef d'équipe de l'Institut Curie, dans le laboratoire de l'Institut des Cancers des Femmes. (ANNE-LAURE DAGNET - FRANCEINFO - RADIO FRANCE)

Chaque année 78 000 femmes sont touchées par des cancers du sein et des cancers gynécologiques, 20 000 en meurent. Pour améliorer les traitements, notamment pour les cancers de mauvais pronostic, un nouvel IHU (Institut Hospitalo Universitaire) est lancé mardi 25 juin : l'Institut des Cancers des Femmes. L'établissement est porté par l'institut Curie, l'Inserm et l'université Paris Sciences Lettres. 

Dans son laboratoire, Stéphanie Descroix manipule de petits carrés transparents qui ressemblent à des circuits électriques : ce sont des tumeurs sur puce. La chef d'équipe de l'institut Curie injecte des cellules malades et des médicaments dans ces petits cubes afin de voir comment la tumeur réagit. Stéphanie Descroix étudie alors les images qu'elle voit à l'écran grâce à de super-microscopes."On a des cellules ici qui sont des cellules tumorales. Ce sont des espèces de grosses patates. Et on a des toutes petites cellules qui bougent, qui sont les cellules immunitaires. Quand les cellules sont infectées par quelque chose de particulier, elles deviennent rouges et quand elles meurent, elles deviennent vertes", explique-t-elle.

Une tumeur sur puce manipulée en laboratoire. (ANNE-LAURE DAGNET - FRANCEINFO - RADIO FRANCE)

Tester des traitements sur mesure

"Grâce à ça, on est capable de dire que pour que ces cellules meurent, il faut qu'elles aient un certain nombre de contacts avec les cellules immunitaires. Quels types de cellules unitaires ? Combien de contacts ? On est vraiment capable de comprendre comment fonctionne cette tumeur", précise ainsi la spécialiste.

Ces avatars des tumeurs de patientes permettent de tester des traitements sur mesure. "Un des objectifs qu'on a dans cet institut, c'est d'être capable, dans un temps le plus court possible, de tester différents médicaments et de le déterminer pour chaque patiente. On va pouvoir dire : 'Cette patiente-là, attention, c'est ce médicament, ce traitement qu'il faut lui donner, car c'est celui-là auquel elle répond le mieux...", explique Stéphanie Descroix.

Pour récolter un maximum d'informations, les chercheurs vont créer un atlas géant de cancers féminins : ce sera le cœur battant de ce nouvel institut.

"Ce qu'on veut, c'est avoir des données de vraie vie de nos patientes, de savoir où elles habitent, quelles sont les conditions de la pollution atmosphérique dans les quartiers en question."

Professeur Anne-Vincent Salomon, directrice de l'IHU.

à franceinfo

L'objectif est aussi d'avoir "des données issues du soin courant, les mammographies, les scanners, les TEP scanners. Et en correspondance avec le séquençage en cellule unique, l'étude de l'expression des gènes sur les tissus des tumeurs, au démarrage, sous traitement, et en cas de rechute", poursuit-elle. 

L’institut va également mener des essais cliniques sur les femmes de plus de 70 ans pour l'instant peu étudiées alors que ce sont les plus affectées par les cancers du sein. Les patientes vont également apporter leurs idées, leur ressenti, avec l'objectif de transformer la prise en charge des malades.

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