"Le corps devient un ami" : quand le sport devient une arme pour lutter contre le cancer

À l'occasion d'Octobre rose, plusieurs initiatives mettent en avant l'intérêt de la pratique physique pour lutter contre le cancer.

Cours de gymnastique à l’association Cami Sport et cancer, au sein du centre sportif Jacqueline Auriol, dans le 8e arrondissement de Paris.
Cours de gymnastique à l’association Cami Sport et cancer, au sein du centre sportif Jacqueline Auriol, dans le 8e arrondissement de Paris. (FANNY LECHEVESTRIER / RADIO FRANCE)

"C'est comme boire trois coupes de champagne !", témoigne Yannick, âgée d'une quarantaine d'années. Ce qui la rend euphorique, c'est un cours de gymnastique, d'une heure, dispensé par l'association Cami Sport et cancer, qui sonne comme une parenthèse enchantée : "Même pendant la radiothérapie, c'était tellement douloureux, mais au moment où je faisais la gymnastique, bizarrement, j'oubliais la douleur. On oublie la maladie."

'Octobre rose', le mois de sensibilisation au cancer du sein, a débuté, avec de nombreux événements. L'occasion de défendre la pratique du sport comme arme contre le cancer. Comme au centre sportif parisien Jacqueline Auriol par exemple : ici, pas de malades du cancer, mais des personnes qui se battent et pour qui le sport est devenu un moteur et un moyen de retrouver une vie sociale.

Avec les traitements, souvent vous restez au fond de votre canapé à regarder les séries à la télé. Le moindre effort est vraiment abominable. Là, c'est formidable ! On retrouve le goût de vivre.Dominiqueà franceinfo

Pas question non plus de faire du sport n'importe comment. Si toutes les activités physiques sont permises, elles sont adaptées à chaque personne, encadrées par des coachs formés à la cancérologie. "Je vois bien que quand les gens sont pris en charge dès le début du diagnostic, ils vont aller mieux pendant les traitements, parce que l'activité physique va leur permettre de ne pas perdre de poids, d'avoir moins de fatigue, et d'être beaucoup mieux aussi moralement", explique Catherine Massiot, praticienne en thérapie sportive.

L'objectif premier est de se réapproprier un corps maltraité par la maladie. Un corps qui a changé pour Élisabeth : "Il y a déjà la vision de son corps, les cicatrices. Les traitements vous fatiguent. Le corps devient un ami. Et pas juste un 'pauvre corps' abimé et maltraité. Plus vous allez mieux, plus vous vous sentez parmi les autres."

On reprend confiance quand on se sent mieux physiquement.Élisabethà franceinfo

Maryse aussi a repris confiance en elle grâce au sport mais pas seulement. Cela a été pour elle un moyen efficace de lutter contre la fatigue et les douleurs : "Je me souviens du bras gauche, que je ne levais quasiment plus. Maintenant, il va complètement en arrière. Le sport m'assouplit et me muscle, ça redonne du punch."

Le sport ne guérit pas le cancer mais il peut donc y contribuer. Plusieurs études scientifiques avancent même qu'une pratique régulière du sport diminue de 50% le risque de récidive d'un cancer du sein. Pourtant, si l'activité sportive est reconnue et recommandée par de nombreux oncologues, elle n'est en revanche toujours pas prise en charge par les pouvoirs publics dans les traitements de la maladie.