Cancer du sein : des métastases de mieux en mieux contrôlées

Les plus grands spécialistes du cancer réunis en ce moment à san Antonio aux Etats-Unis font part d'optimisme sur les traitements. 

Représentation numérique d\'une tumeur cancéreuse dans un sein.
Représentation numérique d'une tumeur cancéreuse dans un sein. (AFP / ROGER HARRIS / RHR / SCIENCE PHOTO LIBRARY)

L’arrivée de nouveaux traitements est en train de bouleverser favorablement la prise en charge des femmes atteintes de formes très avancées de cancer du sein. C’est ce que constatent 8 000 spécialistes venus de 90 pays et réunis du 6 au 10 décembre à San Antonio, aux Etats-Unis, pour l’édition 2011 du SABCS, la plus importante conférence sur le cancer du sein. L’existence de métastases, ces cellules cancéreuses qui ont disséminé à partir d’une tumeur, n’a plus le même caractère d’extrême gravité dans nombre de cancers du sein. 

Adapter les armes au type de cancer

Cet optimisme mesuré tient à deux raisons principales : une meilleure connaissance de la biologie intime des anomalies de ce cancer et l’arrivée de nouvelles molécules spécifiques ciblées sur ces anomalies.

Grâce aux progrès de la biologie moléculaire et de l’étude du génome, on sait aujourd’hui qu’il y a au moins cinq grands types de cancers du sein. On cherche donc à adapter les armes nécessaires à les combattre lorsque la chimiothérapie n’a pas réussi à contenir la maladie ou quand les autres outils thérapeutiques ont généré des résistances.

Car les cellules cancéreuses savent s’adapter aux thérapeutiques les plus récentes et les plus sophistiquées. Il en est ainsi des cancers dits 'hormonodépendants' où, à terme, la tumeur réussit souvent à contrecarrer l’action de molécules chargées d’empêcher la fabrication d’œstrogènes. Ces hormones favorisent la croissance des tumeurs quand il existe, à la surface des cellules cancéreuses, une grande quantité de récepteurs prêts à les accueillir.

Des médicaments prometteurs

Pour pallier cet inconvénient majeur, des nouveaux produits sont évalués qui montrent une capacité à remettre à zéro partiellement les cellules cancéreuses et à lever ainsi toute ou partie des résistances. C’est le cas de l’everolimus, médicament déjà utilisé dans le cancer du rein, et dont on attend avec impatience l’évaluation finale. Elle est annoncée comme très favorable.

Dans une autre forme de cancer du sein, qui représente 20 % des cas, mais avec une grande agressivité, la surproduction d’une protéine, HER 2, favorise la flambée et la dissémination des cellules cancéreuses.

Une nouvelle molécule, le pertuzumab, combiné au traitement de référence, l’Herceptin, devrait permettre de mieux contrôler la prolifération cellulaire et restreindre le risque de métastases supplémentaires. Ce médicament semble aussi favoriser la destruction des cellules cancéreuses par le propre système immunitaire des patientes.

Enfin, dans une autre forme très agressive elle aussi, le cancer du sein dit 'triple négatif', l’utilisation des techniques sophistiquées de biologie moléculaire a permis de définir un certain nombre de profils. On a ainsi pu constater que dans de rares cas, ces tumeurs du sein peuvent être sensibles aux androgènes, les hormones mâles.

Des patientes ont donc reçu un médicament utilisé habituellement chez les hommes atteints de cancer de la prostate, avec un certain succès semble-t-il.

Un délai pas trop éloigné

Même s’il faut se garder d’un enthousiasme non justifié et s’il faut avoir conscience que l’apparition de métastases est un signe d’évolution de la maladie, les cancérologues réunis à San Antonio pensent que, dans un délai pas trop éloigné, on aura de nouveaux outils. Des outils qui permettront de prolonger durablement la vie des patientes porteuses de métastases, sans avoir à leur faire endurer des effets secondaires très lourds.

D’ici quelques années, le cancer du sein avancé pourrait donc devenir une maladie chronique avec un traitement au long cours  et non plus une maladie systématiquement mortelle.