Nourriture contaminée, origine douteuse, faux bio, Foodwatch dénonce la fraude alimentaire et demande aux autorités d'agir

"Face à l'ampleur des fraudes alimentaires, l'opacité de nos autorités françaises est insupportable", dénonce Ingrid Kragl, la directrice de l’information de cette association.

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Radio France
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Foodwatch affirme qu'un produit bio sur douze contrôlés en France n'est pas aussi bio qu'il le prétend. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Tout le monde mange, donc tout le monde est potentiellement concerné", lance jeudi 25 mars sur franceinfo Ingrid Kragl, directrice de l’information de l’ONG Foodwatch France. En France, une épice sur deux est frauduleuse, selon Foodwatch, 43 % des miels présentent des défauts de composition, de qualité ou sont faussement étiquetés français. Un produit bio sur douze contrôlés en France "n'est pas aussi bio qu'il le prétend", et ce chiffre "monte même jusqu'à un produit bio contrôlé sur trois" dans les Alpes-Maritimes, assure l'association. Côté volailles, environ un vendeur sur deux "triche, notamment sur les labels de qualité fermier, AOP, IGP, label rouge".

Selon la Commission européenne, les pertes pour l'industrie liées à ces fraudes alimentaires sont estimées à environ 30 milliards d'euros chaque année, rappelle Foodwatch qui publie jeudi 25 mars une étude qui dévoile les mensonges de l'industrie agroalimentaire et ses fraudes, Manger du vrai pour du faux. Les scandales de la fraude alimentaire (éditions Robert Laffont). "L'objectif de cette campagne, c'est de révéler la réalité du terrain, pas de faire peur, mais de dire attention, on a un problème et là maintenant, il faut mettre le sujet sur la table et commencer à le regarder droit dans les yeux", explique Ingrid Kragl.

Les autorités "complaisantes"

Par le biais d'une pétition, Foodwatch interpelle les ministres de l'Économie et de l'Agriculture et leur demande d'"agir pour assurer une meilleure prévention de ces fraudes et plus de transparence sur les informations dont les autorités de contrôle disposent". "Face à l'ampleur des fraudes alimentaires, l'opacité de nos autorités françaises - qui sont, sinon complices, complaisantes avec les contrevenants - est insupportable", souligne l'auteure du livre, Ingrid Kragl. La France ne met par ailleurs pas les moyens nécessaires pour lutter contre ce fléau, selon l'association, qui indique que 400 postes ont été perdus en 10 ans à la répression des fraudes.

"C'est impossible pour les consommateurs" de savoir qu'un produit est contrefait, affirme la directrice de l’information de l'association. "Nous sommes une ONG de défense des consommateurs donc va prendre le parti de l'aider à s'y retrouver. Et puis surtout, de demander aux responsables politiques de faire leur part", conclut Ingrid Kragl.

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