Reprise de la commercialisation du lait infantile chez Lactalis : l'association des familles de victimes dénonce "une trahison"

Le préfet de la Mayenne a autorisé mardi la reprise de la commercialisation des poudres de lait infantile fabriquées dans l'usine Lactalis de Craon, en Mayenne, plus de 9 mois après le début de l'affaire du lait contaminé à la salmonelle. Une décision vécue comme une "trahison" par l'association des familles de victimes.   

L\'usine Celia (filiale de Lactalis) de Craon, en Mayenne, où une contamination aux salmonelles a été détectée en décembre 2017.
L'usine Celia (filiale de Lactalis) de Craon, en Mayenne, où une contamination aux salmonelles a été détectée en décembre 2017. (DAMIEN MEYER / AFP)

La reprise de la commercialisation du lait infantile produit par Lactalis dans son usine de Craon (Mayenne) est "une trahison", affirme mardi 18 septembre Quentin Guillemain, le président de l'association des familles de victimes, au micro de France Bleu Mayenne.

Le préfet de la Mayenne, en concertation avec le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, a donné le feu vert au groupe Lactalis pour reprendre la commercialisation des produits.

"On découvre ce feu vert sans avoir été informé", affirme Quentin Guillemain. "On a l'impression que tout est fait le plus vite possible, dans la précipitation, pour étouffer l'affaire. Je trouve ça inacceptable." Selon Quentin Guillemain, "on remet en activité une usine sans avoir tiré toutes les leçons de cette affaire. Rien n'a été fait pour s'assurer de la sécurité sanitaire des produits."

Appel au boycott

Fin 2017, 36 nourrissons ont été contaminés par des salmonelles après avoir bu du lait infantile des marques Picot et Milumel produit dans l'usine Lactalis de Craon.

"Tant qu'on n'a pas la certitude que les produits sont sains, que la salmonelle a bien disparu de l'usine, il est hors de question de donner un blanc-seing à une reprise de production", insiste Quentin Guillemain qui appelle à un boycott des laits produits à Craon. "Nous nous mobiliserons", assure-t-il. "S'il faut aller dans les supermarchés, on le fera. Aujourd'hui, il y a un risque". 

38 nourrissons ont été officiellement infectés fin 2017. Des centaines de plaintes ont été déposées. L'enquête judiciaire est en cours. Mais il n'y a aucun juge d'instruction de nommé pour l'instant. La production a été stoppée dès le 8 décembre 2017 à Craon. Au cours des premiers mois de l'année 2018, la tour de séchage infectée a été démantelée. Le 4 juillet 2018, les activités de séchage et de conditionnement de poudre de lait infantile ont repris.